Louis aragon, strophes pour se souvenir

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  • Publié le : 2 novembre 2011
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Louis Aragon, Strophes pour se souvenir, recueil Le roman inachevé (1956).

Introduction :
Louis Aragon est un romancier poète du 20ème siècle (1897-1982). Il a vécu les grandes guerres du 20ème siècle et s’est servi de son écriture poétique pour défendre ses idées, c’est le cas dans ce poème qui est composé de sept quintiles et faisant référence à des faits historiques s’étant déroulés en1944 soit peu de temps après la libération : la fusillade de 23 résistants qui n’étaient pas français mais qui ont lutté pour la liberté de la France. C’est donc à un devoir d’hommage et d’éloge que se livre Aragon.

Problématique :
Comment le lyrisme de l’écriture poétique sert ici les intentions de l’auteur de rendre hommage aux résistants du groupe Manouchian ?

Plan :
1) L’évocationd’une réalité d’époque
2) La volonté de rendre hommage à la résistance
3) Les caractéristiques et fonctions du lyrisme

1) L’évocation d’une réalité d’époque

a) Les temps de guerre
Discrètement le poète assume une fonction d’information. L’action est fermement située dans le temps par le complément circonstanciel de temps ouvrant et clôturant le troisième vers « onze ans ». Cetteréférence temporelle se comprend par rapport au moment de l’écriture et renvoie à l’hiver 1944, l’hiver étant d’ailleurs évoqué vers 16 « la couleur uniforme du givre » et vers 17 « à la fin février ». Le poète joue aussi sur le sens figuré des termes créant ainsi un monde sombre, en noir et blanc, un monde hostile. La seule connotation de couleur renvoie à la description de l’affiche vers 8 « l’affichequi semblait une tâche de sang », la couleur devient donc synonyme de violence, connotation de mort. On relève une référence à l’égoïsme dans les relations humaines vers 11 « nul ne semblait vous voir Français », dans cette évocation négative se construit une référence discrète à la résistance par l’évocation d’un acte de courage vers 14 « morts pour la France ».
b) Un contexte de terreur
Lepoème prend pour thème une exécution collective, le moment ultime est mis en valeur par l’anaphore de la dernière strophe. Cette action tragique est présentée comme un acte de justice, référence aux affiches de propagande vers 6 « vous aviez vos portraits sur les murs de la ville ». La constitution de l’affiche est rapidement restituée : fond rouge, photos visant à impressionner à travers le zeugmavers 7 « noirs de barbe et de nuit hirsutes ». L’évocation de cette affiche rend compte du traitement dépréciatif des terroristes. Aragon évoque ici la xénophobie du régime qui par l’affiche souligne la nationalité étrangère des condamnés. Des modalisations de doute sont mises en place par le verbe « sembler » vers 8, se construit discrètement une allusion à cette tendance xénophobe véhiculéepar le champ lexical du mal.
c) La présentation du groupe Manouchian
Le poète se fait informateur, il apprend au lecteur : le nombre de personnes fusillées « ils étaient vingt et trois » vers 31, comment et pourquoi ils sont morts « quand les fusils fleurirent » vers 31 « vous vous étiez servi simplement de vos armes » vers 4, et les portraits identifiés.

La fonction d’information passedonc par la présentation des jeunes héros et par la restitution des faits historiques.

2) La volonté de rendre hommage à la résistance

a) Un portrait mélioratif du groupe Manouchian
Il n’y a pas de détermination de ces personnages, le traitement est collectif, seul se détache l’un d’eux vers 18 « et c’est alors que l’un de vous dit calmement » par la citation de ses dernières parolesécrites à sa femme vers 21 à 30. Leur portrait psychologique est valorisant : courage, sacrifice, abnégation, engagement, modestie, altruisme désintéressé. Ainsi Aragon construit le portrait d’hommes de conviction, de courage faisant sacrifice de leur vie. Par l’appellation de « frères » vers 33, il fait opposition à la xénophobie.
b) L’élargissement de l’éloge
L’auteur insiste sur le statut...
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