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  • Publié le : 28 décembre 2013
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GROSSO Jessica
TS3
FAUT-IL SE LIBERER DU DESIR?

Par sa proximité apparente avec la passion, on peut avoir le sentiment que le désir constitue une aliénation qui se présenterait, sous les traits positifs d’une réalisation personnelle libre et plaisante. Mais alors, comme pour toute aliénation, la seule attitude cohérente serait de tenter de s’en libérer pour reprendre son autonomie etn’agir que conformément à sa volonté. Pourtant, avant de tracer ainsi un trait sur le désir, il semble nécessaire de se demander pourquoi on le conçoit ainsi comme une aliénation car, après tout, il peut aussi être conçu comme cette énergie qui permet de dépasser la simple évidence de comportements uniquement dictés par la raison, dont on sait qu’elle peut facilement avoir la vue basse. Aussi pourrait onsoupçonner que derrière la condamnation du désir se cache peut être une certaine tendance à ne pas vouloir franchir certains caps, et à demeurer dans un périmètre suffisamment défini pour qu’on puisse s’y sentir en sécurité. Ainsi, deux options semblent s’offrir à nous : soit on tente de se libérer du désir parce qu’il pèse sur nous et nous contraint, soit on considère au contraire que c’est ledésir qu’il s’agit de libérer, car ce serait les valeurs mêmes qui le condamnent qui constituent la plus grande aliénation. Deux options qui semblent diamétralement opposées, qui ont chacune un ensemble de raisons qui semblent les justifier, et qu’il nous faut examiner pour tenter de discerner ce qui permettra, en dernier lieu, de définir la liberté.
I/ Le désir conçu comme une aliénation dont ilfaudrait se libérer.
A/ Si le désir est un manque, peut on imaginer s’en débarrasser en le comblant ?
On peut penser que si le désir exprime le manque d’un objet, il suffise d’obtenir cet objet pour que le manque disparaisse. C’est après tout ce genre de traitement du manque que semble proposer, si on la considère de manière un peu superficielle la philosophie cynique. En effet, certainphilosophes, peuvent laisser penser que la liberté passe par la satisfaction des manques, quels qu’ils soient. Le meilleur moyen de ne pas être esclave du manque, c’est de le combler, immédiatement, en s’affranchissant surtout de la première raison pour laquelle généralement on ne le fait pas : les convenances sociales, dont il montre le caractère artificiel par l’action, en ne les respectant pas. Et celadépassait les simples besoins physiques, puisque cela portait aussi sur la nécessité de dire ce qui doit être dit, même s’il faut pour cela sembler irrespectueux, incongru ou semer le scandale sur son passage : se retenir serait entretenir en soi le manque d’expression, alors qu’il est si simple de le satisfaire et de relâcher en soi cette tension incommodante. Ainsi, la libération du désirpasserait elle tout simplement par sa satisfaction la plus immédiate possible, même si pour cela il faut heurter les conventions et la morale.
B/ La régulation du désir par sa simple remise en place.
Cependant, tous ceux qui ont cherché à débarrasser l’homme de la tyrannie du désir n’ont pas toujours été dans cette voie aventureuse. La première raison d’une voie qui peut sembler plus « sage » dansla gestion des désirs, c’est tout d’abord leur multiplicité : nous semblons en effet être sujets non pas à un désir, mais à une quantité infinie de désirs qui, loin de diminuer quand on les satisfait, semble au contraire s’alimenter et entrer dans une effervescence dont on a vite perdu le contrôle. D’ailleurs, derrière une attitude qui semble recommander la jouissance comme mode de vie, lescyniques prônaient parallèlement une vie ascétique qui s’éloigne des tentations artificielles. Ainsi, il y a une reconnaissance du fait que si le manque est un trouble, alors, si on l’éprouve, il faut le calmer en le satisfaisant, mais le mieux serait de ne pas l’éprouver, et pour cela, l’exercice quotidien qui consiste à ne pas se soumettre aux tentations s’impose. Ce sera l’attitude souvent...
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