Luxe

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  • Publié le : 27 décembre 2010
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|L’attrait du luxe est-il un mal ? |  |
|Analyse du sujet à la loupe | |
|Le luxe : | |
|On peut qualifierde luxe tout ce qui dépasse le strict nécessaire, voir la précision de Mandeville sur ce point . | |
|Le luxe recouvre tout ce que l’on juge superflu et inutile. (cf. l’expression «  C’est du luxe ! ») | |
|Mais le sens usuel signifie le faste et le raffinement dans les manières de vivre (art de la table, toilette | |
|élégante, décor somptueux)| |

Le luxe s’acquiert et s’entretient par de grandes dépenses, ce qui lui valut d’être soit vanté soit vilipendé par les penseurs politiques. Voltaire y voit le soutien essentiel de l’économie ; Rousseau un principe d’exploitation du petit peuple et le ressort de toutes les  perversions, car le luxe est faitpour être admiré, il éblouit.
La  débauche  d’ornements servant souvent d’écrin à la débauche des sens, les sermons religieux qualifièrent de luxure l’abandon déréglé aux plaisirs sexuels et la tint pour un péché capital s’opposant aux vertus de pureté et de chasteté.
Le Robert historique rappelle que le terme latin « Luxus » a d’abord signifié  « le fait de pousser de travers »  et par suite le« fait de pousser avec excès » : on parle ainsi d’une forêt luxuriante. « Luxuria » a été appliquée aux animaux et aux hommes avec l’idée de fougue, d’ardeur excessive. Ce pan de signification intéressa  particulièrement G. Bataille. Voir L’Erotisme  
L’attrait :
C’est l’attirance de quelqu’un pour quelque chose qui, par sa nature propre, suscite le désir : l’attrait est ressort de séduction.Mais il ne séduit que ceux qui ont un goût pour la chose. (L’attrait vient-il du luxe ou le luxe n’est-il attrayant que pour ceux qui ont un goût pour lui ?)
être un mal
L expression appartient au registre de l’ examen de conscience et du diagnostic. Dire que quelque chose est « un » mal, c’est notifier une condamnation mais en même temps la restreindre : si le goût pour le luxe est « un mal parmid’autres » c’est qu’il n’est ni le ressort ni le principe du mal dans le monde. Mais certains auteurs ont eu un jugement plus sévère (Rousseau notamment).
Exemple d’introduction
La condamnation ou l’apologie du luxe est une question classique et récurrente dans l’histoire des idées politiques et morales. Dès la République de Platon (II, 372), l’ascétisme et la frugalité de Socrate se heurtentaux revendications de confort et de raffinement de Glaucon. Au XVIIIème siècle, le débat resurgit, accentué par les développements du commerce et de l’industrie. La prise de position sur le luxe est révélatrice de système de valeurs contraires. Au souci de vertu et d’égalité d’un Rousseau, qui condamne le luxe comme facteur de corruption politique, s’oppose l’apologie du commerce et de laconsommation développée par exemple par Mandeville ou Voltaire ; la figure du bourgeois, même patriote, dépasse alors le cadre étroit de la Nation. Le goût du luxe ouvre les frontières. La question de savoir si « L’attrait pour le luxe est un mal ? » déborde donc largement la sphère privée du «sermon moral ». Elle questionne la valeur du travail et le sens de la civilisation.
Plan de développement
I ) Legoût pour le superflu qui accompagne et suscite le développement des techniques rend l’homme esclave de son confort et prisonnier d’une logique d’accumulation indéfinie. Collectivement, l’économie du luxe pervertit la valeur du travail, amollit la vigueur militaire et provoque le déclin du sentiment patriotique. Celui qui n’a de goût que pour le luxe fuira sa patrie dès les prémices d’une crise...
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