Mémoire et mémoires

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  • Publié le : 10 novembre 2009
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Mémoire et mémoires

La Mémoire de la seconde guerre mondiale se construit difficilement car elle repose pour une grande partie sur des mythes.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la nation s’identifie à la résistance. Vichy est gommé de l’histoire officielle, c’est ce que l’on appelle le mythe « résistancialiste » (c’est l’idée selon laquelle les français furent majoritairementrésistant contre l’occupant. Cette vision rassurante est partagée par les gaullistes et les communistes).
A partir des années 70, le mythe gaullien d’une France résistante est ébranlé car commence à se poser la question de la responsabilité de Vichy dans la déportation des juifs de France.
L’adoption d’une loi déclarant imprescriptible les crimes contre l’humanité rend possible l’organisation degrands procès au cours desquelles le passé de la France pendant la seconde guerre mondiale est l’objet d’un débat public. Grâce à l’action militante d’association de victimes, se développe désormais une mémoire de la Shoah qui met l’accent sur ce que fut la solution finale durant la seconde guerre mondiale.

I) Entre résistance et Vichy, les fluctuations de la Mémoire.

1) le temps del’union « résistancialiste » (1945-1947)

a. A la libération, la nation s’identifie à la résistance, c’est la glorification d’une France résistante.
b. Le régime de Vichy est condamné, il est qualifié d’autorité de fait par le Gl de Gaulle, qui d’ailleurs refuse en aout 1944 de proclamer la République, car selon lui celle-ci n’a jamais cessé d’exister au travers de la France libre.Pour de Gaulle, Vichy est une parenthèse illégitime, Vichy est gommé de l’histoire nationale.
c. La Mémoire officielle refuse le principe d’une « responsabilité collective » de la France. La Mémoire collective rejette l’accommodement de certains français à l’occupation allemande et leur adhésion au régime de Pétain. Les « collabos » n’auraient constitué qu’une infime minorité de lapopulation.

( Les grands acteurs de la libération (les gaullistes, les communistes, les socialistes, le MRP) s’unissent et donnent l’image d’une France majoritairement résistante.

2) de l’éclatement des mémoires au triomphe de la Mémoire gaulliste (1947-1969)

• 1947 : marque la fin de l’union (tripartisme) du consensus résistancialiste qui fait silence autour de Vichy.• 1947 : début de la guerre froide. La Mémoire se dédouble entre Mémoire gaulliste et Mémoire communiste. Les communistes sont rejetés dans l’opposition, ils sont diabolisés par la droite qui les accuse d’être les auteurs d’exécutions sommaires (légende de l’épuration sauvage), de plus les gaullistes dénoncent la tentative de coup d’état bolchevique lors de la libération.
Ruptureentre les gaullistes et le parti des « 75 000 fusillés ».

• 1951 : mort du Ml Pétain : réveil momentané d’une mémoire pétainiste

• 1952 : retour de la droite au pouvoir (A. Pinet). La droite a longtemps été déconsidérée en raison de sa participation au régime de Vichy. Pétain aurait pratiqué le « double jeu » pour faciliter la tâche des alliés et protéger les français :thèse du bouclier tenu par Pétain et du glaive tenu par de Gaulle.

• 1958 : de Gaulle revient au pouvoir dans un contexte de guerre civile. Pour rassurer les français, il profite de sa popularité à droite comme à gauche pour imposer une Mémoire gaulliste : celle des français unis contre l’occupant, c’est l’hégémonie résistancialiste :

o Transfert des cendres de J. Moulinau Panthéon le 19 décembre 1964. J. Moulin est élevé au rang de héro emblématique de la résistance, martyre national.

o Apogée de la mémoire gaulliste. De Gaulle représente l’unificateur de la résistance, l’équation est simple « la République c’est d G, d G c’est la France, la République c’est la France ». Période de la mémoire héroïsante.

• Par contre à cette...