Méthode pour la dissertation de philosophie

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  • Publié le : 24 octobre 2009
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Préparation de la dissertation de philosophie :
I- Que faire face à l’intitulé du sujet ?
1) souligner tous les termes du sujet
- les définir ; en donner les différents sens
- notamment, le " peut-on " est important : a) possibilité réelle (j’ai les moyens de faire quelque chose) ; b) possibilité morale (j’ai le droit de faire)
2) les mettre en rapport pour reformuler la question
Cetexercice vous permet de chercher : le présupposé (que sous-entend la question ?) ; l’enjeu (que se passe-t-il si je réponds oui ou non à la question ? qu’est-ce qui serait alors à redéfinir, qu’est-ce que l’on perd, qu’est-ce que l’on gagne, etc.) ; enfin, le problème (le fond du sujet, la question de la question) ou la " problématique ", qui est le fil directeur, ce que vous devrez résoudre et ce àquoi vous devrez répondre.
3) exemple : " autrui n’est-il qu’un moyen ou qu’un obstacle ? " 
- autrui : a) définition générale : l’autre que moi ; b) dans une perspective moderne, c’est l’autre sujet/ conscience/ moi (Descartes) ; dans une perspective plus classique, avant Descartes, c’est l’autre homme, tout simplement (cf. Aristote).
- n’est-il : remarquer la formulation négative de laquestion ; et qu’il s’agit de l’être d’autrui (interrogation ontologique)
- obstacle : ce qui me gêne, m’empêche de faire quelque chose ; mais quoi ? tout ce que je veux, ou de m’accomplir ; ma liberté ; ce qui est donc à éliminer
Mais qu’autrui soit et soit seulement un obstacle, cela suppose :
- que je peux me définir tout seul (ce que semble croire Descartes –cf. le cogito, cours autrui- mais ce quecritique Sartre –cf. texte cours autrui- et, dans une perspective plus politique, Aristote –cours Etat texte Politique, I, 2 : l’homme est un animal politique)
- que le mode des rapports entre les hommes (autrui, c’est aussi l’autre homme) ne peut qu’être le conflit (Hobbes, Sartre) ; conception opposée : Rousseau ; notre expérience même : avez-vous spontanément tendance à vous ruer sur les autresdans la rue ? Ne sont-ils que des adversaires, des ennemis ? On peut opposer à cela la pitié ; l ‘existence même de la cité : les autres nous permettent de faire des choses que nous ne pourrions faire seuls (survivre, notamment ; parler, ensuite –cf. les premiers § des Politiques d’Aristote, encore !)
Interroger ce que présuppose, sous-entend, une thèse, permet donc de trouver à la fois ce quifait vraiment problème dans le sujet, mais aussi, vous le voyez ici, de trouver des arguments pour critiquer cette thèse dans une autre partie
- Moyen : un moyen, c’est quelque chose qui vous sert à obtenir quelque chose d’autre ; il s’oppose à la fin, qui elle, ne sert à rien d’autre mais existe pour elle-même; c’est quelque chose qui n’a pas de valeur absolue, mais seulement relative. Si autruiest un moyen, vous le considérez donc comme ayant seulement une valeur relative. Vous pouvez vous en servir pour autre chose, comme monnaie d’échange, etc. Autrui n’est alors qu’une chose.
Il faut alors se demander pourquoi on suppose ici qu’autrui ne pourrait être qu’un moyen : ne serait-ce pas parce qu’autrui nous apparaît d’abord comme une chose du monde, puisque je ne vois ou n’appréhende delui que son corps, son aspect extérieur ? (ne serait-ce pas la conséquence ultime de la conception cartésienne de l’homme comme sujet et comme conscience ?). Cela serait aussi ce qui mène à concevoir autrui comme un obstacle (point commun de ces deux termes …, à creuser)
Ici, on répondra bien entendu que on peut se rapporter à autrui autrement : nous le respectons, nous le considérons commequelqu’un et non comme quelque chose, comme quelqu’un qui est non un moyen mais une fin en soi, i.e., qui a une valeur absolue, envers qui j’ai des responsabilités, qui m’enjoins de ne pas me tuer … (Kant, impératif catégorique, cours autrui et droit) cf. enjeu: rapports entre les hommes = harmonieux ou non etc.
Et dès lors, qu’on doit se rapporter à autrui autrement qu’en termes d’obstacle ou de...