Machiavel, le prince

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  • Publié le : 11 avril 2010
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PHILOSOPHIE : COMMENTAIRE

Nicolas Machiavel, dans son traité politique Le Prince, expose ce qui selon lui doivent être l'art et la manière de gouverner d'un homme politique. Dans le Chapitre XVIII de cet oeuvre, Machiavel aborde le sujet de la fidélité et de la parole donnée. Le problème énoncée ici est celui du rapport entre politique et morale.

Machiavel commence ce chapitre par unelouange adressée aux princes fidèles: "Combien il est louable à un prince de tenir sa parole,(...) chacun en convient". Mais, cet éloge est de courte durée, et s'avère être totalement ironique Il est en effet tout de suite après contredit par l'expérience du penseur: "Les princes qui ont fait de grandes choses sont ceux qui ont tenu peu compte de leur parole", ceux qui, "grâce à la ruse", et non pas lafidélité, sont parvenus à leur fin. Machiavel expose donc dans ce texte les bases de sa philosophie. Ce n'est pas l'idéalisme qui prédomine, mais bien le réalisme. Ce n'est pas avec des idéaux que l'on peut progresser. La seule et unique chose qui importe, c'est l'efficacité de la politique. C'est elle la plus suprême des valeurs, et pour l'atteindre, les idéaux doivent donc parfois être mis decôté.
La suite du chapitre va ensuite justifier, à partir de ce principe, l'infidélité de certains rois ou politiques à la parole donnée. Le philosophe explique donc comment , par ce procédé, l'homme se doit de mener sa politique. Il existe en fait deux manières possibles. Ce sont celles de "l'homme", et de "la bête". La métaphore employée montre donc qu'on doit être à la fois un homme, c'est àdire être capable de respecter des lois, et avoir une morale, et être une bête, c'est à dire ne suivre que son propre but, sans se préoccuper de la manière qui nous permet de l'atteindre. Cela signifie donc que les idéaux doivent être, s'il le faut, mis de côté. Pour gouverner les hommes, il faut donc "savoir bien user de la bête et de l'homme", en faisant bien appel aux deux méthodes. User del'homme, c'est faire appel à la loi, et respecter une morale de vie. User de la bête sera définie dans le paragraphe suivant. C'est un juste rapport entre ces deux moyens qui permettra au prince de bien gouverner.
Le Prince est donc poussé à savoir également "bien user de la bête". Encore une fois, le penseur utilise une métaphore: celle du renard et du lion. Il y a donc deux manières d'agir comme unebête. On doit se montrer tantôt lion, tantôt renard. Faire donc usage tantôt de la force du lion, tantôt de la ruse du renard. Machiavel insiste sur le fait qu'un souverain se doit d'être rusé comme un renard . "Ceux qui se fondent uniquement sur le lion n'y entendent rien". La ruse mentionée par le penseur est celle poussée à l'extrême: Elle est en effet liée à la notion d'infidélité à sa propreparole, au cas d'un homme qui parjure. Mais, cette infidélité, ou cette trahison, doit être habilement dissimulée. Un homme qui parjure doit donc dissimuler son propre parjure. Ce qui, selon Machiavel, justifie le recours à la ruse, est un constat propre à la nature humaine. En effet, les hommes se caractérisent par leur méchanceté, et leur malhonnêteté. Un souverain ne peut pas, par conséquent,se fier à eux. Pour agir, il n'a donc pas à attendre d'avoir été trompé pour tromper. De plus, la naïveté des sujets montre que la ruse du Prince serait totalement efficace, comme il le montre :"et les hommes sont si naïfs (...) que celui qui trome trouvera toujours quelqu'un qui se laissera tromper". Encore une fois, Machiavel base son raisonnement sur l'expérience de l'humanité, montrant quec'est de cette manière que la politique d'un homme triomphe: "on pourrait en donner une infinité d'exemples modernes (...) et c'est celui qui a su le mieux user du renard qui a triomphé". La vision de la réalité du philosophe lui permet encore une fois d'argumenter sa propre thèse. Sans l'usage malicieux de la ruse, on ne peut gouverner.
Tout cela est un jeu d'apparences. Le prince doit sembler...
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