Machine julinienne

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  • Publié le : 24 avril 2010
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Introduction

Jean Cocteau (1889-1963) s’est essayé à de nombreux domaines artistiques : graphisme, théâtre, dessin, cinéma. En 1932, il écrit La Machine Infernale, une pièce de théâtre en 4 actes qui sera jouée pour la première fois deux ans plus tard. Cette pièce reprend le mythe d’Œdipe et est inspirée de l’Œdipe Roi de Sophocle. Cependant, loin d’être une copie conforme aux précédentesécritures du mythe, La Machine infernale introduit de nombreux éléments originaux à l’histoire telle que nous la connaissons.

L’extrait étudié correspond à l’Acte II, La Rencontre d’Œdipe et du Sphinx. Aux portes de la ville de Thèbes, Œdipe rencontre le Sphinx, qui n’est autre qu’une jeune fille fatiguée de tuer et qui souhaite tomber amoureuse. Mais le chien Anubis veille à l’ordre donné par lesDieux : ne pas s’attendrir sur les êtres humains. Oedipe devra donc répondre à la question posée par le Sphinx…

I) Une rencontre inattendue entre les deux personnages

A. Le caractère de surprise

Leur rencontre est marquée par une découverte mutuelle de l’identité de l’autre :

- D’une part, le Sphinx ignore l’importance du personnage d’Œdipe ; pour elle, il est « le premier venu »,et non un prince arrivé à Thèbes.
- Elle se montre d’ailleurs très surprise lorsqu’elle découvre son rang : « Hein ? », s’étonne-t-elle, avant de se sentir « étourdie ».

- Quant à Œdipe, il ignore également ce qu’est le Sphinx et, s’arrêtant à sa vision d’une jeune fille, en oublie qu’il s’agit d’abord d’un monstre et focalise sur son apparence.

B. Des rapports de force trompeursA première vue, le texte nous donne l’impression qu’Œdipe domine la conversation.

- D’une part parce que c’est lui qui parle le plus, ce que l’on voit à travers deux longues tirades au cours desquelles il n’est pas interrompu.
- Ensuite, parce qu’il rappelle son importance en exposant à la jeune fille son rang social, « Prince », car son « père est roi de Corinthe ».

Ces élémentslui donnent un sentiment de supériorité qui le poussent à se montrer familier avec le Sphinx, allant même jusqu’à lui déclarer : « donnons-nous la main ». Une certaine séduction est développée : ‘’Puis-je vous demander votre nom ? »

De son côté, le Sphinx paraît réagir positivement à cette démarche de séduction. Mais en réalité, c’est bien elle qui domine l’échange.

- La jeune filleentretient la conversation (l’engage même), lui pose des questions, tente de faire progresser leur « relation » : « vous me pardonnez, prince ? », « déjouer l’oracle ne serait pas d’épouser une femme plus jeune que vous ? »
- Elle va même jusqu’à le brusquer un peu, avec une pointe de moquerie : « vous appelez cela vivre ? »

Cette prise de position dominante se fait contre toute attente etmalgré son âge (17 ans) inférieur à celui d’Œdipe (19 ans).

II) Œdipe, une figure éloignée du héros

A. Un personnage en fuite ?

Nous apprenons alors qu’Œdipe n’a utilisé l’oracle que comme prétexte pour partir. Il ne croit de toute façon pas dans les divinités et cherche simplement à s’ « éloigner du pouvoir », « profit[ant de cette menace de parricide et d’inceste ».
De nombreux indicesmontrent qu’il ne prend pas l’oracle au sérieux et, par conséquent, n’a aucune idée du poids du destin sur ses épaules.

Cet extrait nous permet d’en apprendre plus sur les véritables raisons du départ d’Œdipe :
- C’est d’abord l’ennui qui l’a poussé à partir : « je commençais à me languir, à me consumer ».
- Mais c’est aussi la déclaration d’un « ivrogne » qui lui a crié qu’il était « unbâtard ».

Ces éléments se sont combinés pour le faire quitter le foyer de ses parents.

B. Un personnage puéril

Loin de la figure du héros, Œdipe apparait comme un enfant sur plusieurs plans
- Il agit comme un petit garçon aux aspirations de gloire, qui idéalise l’existence sans en comprendre les subtilités. Il rêve de « bonheur », de « chance » et fait montre d’une ambition et...
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