Madame bovary chez la nourrice

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  • Publié le : 12 décembre 2010
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MADAME BOVARY
Partie 2 Chapitre 3
Page 126

TEXTE :

Ils reconnurent la maison à un vieux noyer qui l’ombrageait. Basse et couverte de tuiles brunes, elle avait en dehors, sous la lucarne de son grenier, un chapelet d’oignons suspendu. Des bourrées, debout contre la clôture d’épines, entouraient un carré de laitues, quelques pieds de lavande et des pots à fleurs montés sur des rames. Del’eau sale coulait en s’éparpillant sur l’herbe, et il y avait tout autour plusieurs guenilles indistinctes, des bas de tricot, une camisole d’indienne rouge, et un grand drap de toile épaisse étalé en long sur la haie. Au bruit de la barrière, la nourrice parut, tenant sur son bras un enfant qui tétait. Elle tirait de l’autre main un pauvre marmot chétif, couvert de scrofules au visage, le fils d’unbonnetier de Rouen, que ses parents trop occupés de leur négoce laissaient à la campagne.

– Entrez, dit-elle ; votre petite est là qui dort.

La chambre, au rez-de-chaussée, la seule du logis, avait au fond contre la muraille un large lit sans rideaux, tandis que le pétrin occupait le côté de la fenêtre, dont une vitre était raccommodée avec un soleil de papier bleu. Dans l’angle, derrière laporte, des brodequins à clous luisants étaient rangés sous la dalle du lavoir, près d’une bouteille pleine d’huile qui portait une plume à son goulot ; un Mathieu Laensberg traînait sur la cheminée poudreuse, parmi des pierres à fusil, des bouts de chandelle et des morceaux d’amadou. Enfin la dernière superfluité de cet appartement était une Renommée soufflant dans des trompettes, image découpéesans doute à même quelque prospectus de parfumerie, et que six pointes à sabot clouaient au mur.

L’enfant d’Emma dormait à terre, dans un berceau d’osier. Elle la prit avec la couverture qui l’enveloppait, et se mit à chanter doucement en se dandinant.

Léon se promenait dans la chambre ; il lui semblait étrange de voir cette belle dame en robe de nankin, tout au milieu de cette misère. MadameBovary devint rouge ; il se détourna, croyant que ses yeux peut-être avaient eu quelque impertinence. Puis elle recoucha la petite, qui venait de vomir sur sa collerette. La nourrice aussitôt vint l’essuyer, protestant qu’il n’y paraîtrait pas.

Commentaire :

Intro :

Ce texte est un extrait de Madame Bovary écrit par Gustave Flaubert en 1857.
Dans cet extrait, Emma emmène Léon (sonpremier amant) voir sa fille Berthes qu’elle a mise chez une nourrice très pauvre, le lecteur va ainsi découvrir dans quel lieu madame Bovary a laissé son enfant et découvrir une autre facette de la personnalité d’Emma.
Plan :
I) Comment Flaubert décrit-il la misère rustique de la maison de la nourrice ?
a) La dimension picturale de la description
b)La misère de la nourrice
c) Les contradictions d’Emma

II) Comment Flaubert se sert de ces personnages pour critiquer la société ?
a) Un roman réaliste qui s’oppose avec les romans romantique qu’a lu Emma
b) Une critique de la société (ironie de l’auteur ex : superfluité)

I) Comment Flaubert décrit-il la misère rustique de lamaison de la nourrice ?

a) La dimension picturale de la description

Ce texte est un texte descriptifs, Flaubert décrit longuement la misère de la personne qui garde l’enfant d’Emma, il met deux paragraphes pour décrire le jardin et la maison de la nourrice alors qu’il ne décrit pas du tout Berthes « et il y avait tout autour plusieurs guenillesindistinctes, des bas de tricot, une camisole d’indienne rouge, et un grand drap de toile épaisse étalé en long sur la haie » «  L’enfant d’Emma dormait à terre, dans un berceau d’osier ». L’accumulation des objets éparpillés un peu partout accentue l’impression de désordre. La description effectuée par le narrateur peut rappeler la description d’un tableau, en effet, tout semble figé :
« un Mathieu...
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