Madame bovary

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  • Publié le : 30 décembre 2008
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Dans Madame Bovary, Gustave Flaubert raconte comment le personnage principal, Emma Bovary, cherche à s’évader de l’univers décevant de la campagne normande, où son médiocre mari Charles exerce la fonction de médecin, en multipliant les lectures, les romans dépaysants ou romantiques, éloignés de son quotidien. Coupée du réel, l’héroïne finira cependant par poursuivre un idéal purement littérairequi lui échappera sans cesse et, lassée de cette quête toujours décevante, se donnera finalement la mort. la question, sans qu’elle ne prenne un tour aussi dramatique, peut se poser pour chacun d’entre nous : lire, on le répète assez, est à la fois un loisir et une nécessité ; mais faut-il préférer les ouvrages qui nous éloignent de ce que nous vivons au quotidien ou, au contraire, privilégier ceuxqui nous renvoient aux réalité que nous côtoyons tous les jours ? Afin de répondre à cette question, nous verrons que, certes, on peut aimer lire pour échapper à ce que l’on connaît, mais que, toutefois, la littérature en prise avec le monde réel peut nous apporter beaucoup. Faut-il cependant opposer aussi rigoureusement ces deux logiques ? Nous verrons dans une troisième partie que, souvent, leslivres qui nous semblent les plus éloignés de nous ne nous parlent en fait que de ce qui nous entoure.

Il est tout d’abord légitime d’aimer lire pour s’évader.
Certains ouvrages nous permettent ainsi de découvrir des horizons qui nous demeurent inconnus ; ils nous dépaysent et satisfont notre curiosité en nous présentant des contrées, ou des époques qui ne correspondent pas à ce que nousvivons. La lecture peut être ainsi documentaire et sera perçue comme un gage d’ouverture culturelle, d’ouverture à l’autre, à l’inconnu. C’est une dimension que l’on retrouve dans nombre de romans étrangers : Shirombamba d’Inoué nous plongera dans un Japon traditionnel où la nature joue une importante place, où l’enfant qui raconte ses souvenirs sera sensible au vol des papillons et retracera lagrâce de la cérémonie du thé ; c’est tout un précis de sagesse orientale qui prendra alors jour sous nos yeux. Sans doute encore nous sera-t-il possible d’apprendre sur le monde et l’étranger en parcourant les récits de voyage romancés de Nicolas Vanier, comme Le Dernier Trappeur, qui narre la dernière saison d’un homme dans le Grand Nord canadien, ou ceux de Nicolas Bouvier, de jacques Lacarrière.L’Eté grec, par exemple, raconte les voyages de l’auteur dans le Péloponnèse ou en Crète ; en chemin, nous nous arrêtons dans les monastères des Météores, de ces moines ascétiques vivant seuls dans des grottes perchées dans les montagnes, sur le choix desquels l’auteur médite. Lire, c’est donc une porte ouverte au voyage, à la découverte, et seuls les livres les plus éloignés de ce que nous vivons nouspermettront de réellement enrichir notre connaissance de l’autre.
Lire des ouvrages qui ne nous renvoient pas à notre quotidien permet également de nous rendre compte combien d’autres hommes vivent des expériences différentes des nôtres. C’est alors notre propre vie que l’on peut placer en miroir, dont on jugera soit les manques, soit au contraire les avantages. Germinal d’Emile Zola, même s’iln’est pas un roman à proprement parler exotique, présentera au plus grand nombre une réalité inconnue, celle des mineurs au XIXème siècle. L’ouvrage possède un caractère sociologique certain : c’est toute la misère d’une classe sociale exploitée qui est ici représentée, à travers le destin d’Etienne Lantier. On jugera de la difficulté d’une existence sans cesse menacée par l’accident, d’un travailquasi inhumain qui broie l’homme, à l’image de cette mine qui, comme un Minotaure, engloutit tous ceux qui s’aventurent dans ses entrailles. Et sans doute un lecteur contemporain pourra-t-il alors juger des avancées acquises depuis la fin du XIXème siècle, d’un confort dont il convient sans doute ne pas négliger la portée. Lire, c’est aussi être confronté à l’autre et ainsi, évaluer à plus...
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