Madame du chatelet, une femme des lumières.

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  • Publié le : 26 avril 2009
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Pendant des décennies, l’histoire ou plus précisément la petite histoire de la littérature française a présenté la Marquise du Châtelet (1706 - 1749) comme un ornement de la carrière et de la vanité de Voltaire, son amant. Voltaire, quant à lui, l'a toujours considérée comme sa collaboratrice et il a toujours eu un profond respect pour l'' uvre scientifique et philosophique de sacompagne. Ainsi écrira-t-il en août 1733 : « je lui suis attaché en proportion de son mérite, ce qui veut dire infiniment ». Depuis les années 1970, on assiste à une réévaluation de son ' uvre par des chercheurs venant de diverses disciplines : sciences, philosophie, littérature, histoire, etc. On peut aujourd’hui dire que Voltaire n’exagérait en rien ses qualités. Ainsi Émilie du Châtelet fait-ellefigure d'exception dans l’histoire française du XVIIIème siècle, tant par le fait que ce soit une femme que par ses idées, à la fois philosophiques, scientifiques et littéraires. Un bon exemple de cette pluridisciplinarité est son ' uvre, publiée à titre posthume, intitulée Discours sur le bonheur (voir document annexe) qui a une haute valeur littéraire et qui présente un concept philosophique enretenant une démarche scientifique.
Madame du Châtelet vécut au siècle des lumières qui tire son nom du mouvement intellectuel, culturel et scientifique aux multiples manifestations connues sous le nom de Lumières, marqué par le rationalisme philosophique et l'exaltation des sciences. Le propos est d’expliquer en quoi madame du Châtelet a pleinement sa place dans les Lumières.
Pour cela ilsera présenté :
- dans un premier temps, sa qualité de femme de science à travers son éducation particulièrement complète et à travers ses qualités de réflexion qui lui valurent sa renommée en son temps ; ces textes furent traduits en plusieurs langues ;
- puis, comment madame du Châtelet s’insérait dans son époque, de par sa vie libertine ainsi que de par ses critiques sur la sociétéet tout particulièrement sur l’Eglise ;
- enfin, les différents concepts philosophiques développés par madame du Châtelet, épicurienne et libérale.

I. Une femme de science.

A. Dotée de connaissances solides

Bien que le substantif « scientifique » n’existât pas encore au XVIII ème siècle c’est ce qu’était madame du Châtelet et elle fut, avec Marie Anne Lavoisier, l’une despremières femmes à l’avoir été et pour laquelle on ait conservé une documentation certaine pour pouvoir l’affirmer.
Son père, Louis Nicolas Le Tonnelier, baron de Breteuil, qui est libéral, lui donne la même éducation que celle donnée à ses frères. Ainsi ne va-t-elle pas au couvent et a-t-elle une éducation très libre avec un accès direct à la bibliothèque paternelle. Très jeune Emilie s’habitue àcommenter les écrits des plus grands avec son père et sa mère, faisant preuve d’une grande volonté de compréhension de son monde. Madame du Châtelet reçoit une très bonne éducation en latin et son père lui apprend l’italien et l’anglais, elle lira Locke dans le texte à 17 ans qui influence la réflexion politique des Lumières. Plus original pour une jeune fille, on l’initie aux mathématiques et à lamétaphysique, matières jusqu’alors réservées aux garçons, où on lui découvre un don particulier. Elevée dans un milieu aisé, elle rencontre des visiteurs de marque et entretient un rapport privilégié avec Fontenelle, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences avec qui elle parlera de physique et d’astronomie.
Tout au long de sa vie son désir d’apprendre les sciences ne cessera pas. Elledemandera à Maupertuis des cours de mathématiques. Elle eu avec lui une relation étroite, puisqu’ils échangeront régulièrement des lettres dans lesquelles madame du Châtelet enrichissant progressivement ses lectures, lui demandera des conseils sur l’interprétation des positions de Newton et sur la querelle des forces vives. Elle fera également venir de Suisse le mathématicien Samuel Koenig pour lui...
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