Mal et bien

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  • Publié le : 5 août 2011
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Rappel du sujet : Dans ses Journaux intimes (III), Charles Baudelaire se confie : « Et l’homme et la femme savent de nature que dans le mal se trouve toute volupté.» Vous apprécierez ce propos à la lumière de votre lecture personnelle des œuvres au programme.





(Introduction) :[1]



(Exergue) Le penchant humain vers le mal est un constat, dont l’évidence n’a pas manqué d’étonnerles philosophes. C’est ainsi que Kant, dans La religion dans les limites de la raison, ne sait pas à quel saint se vouer, lorsqu’il note amèrement : « qu’un penchant pervers de ce genre doive être enraciné dans l’homme, c’est là un fait dont nous pouvons nous épargner de donner une preuve formelle. » (Citation) Charles Baudelaire semble, lui-aussi, convaincu de l’existence de ce mal radical, quandil se confie, dans un ton religieux plus prononcé, dans ses Journaux intimes (III) : « Et l’homme et la femme savent de nature que dans le mal se trouve toute volupté.» (Analyse de la citation) Lier la volupté au mal, tout en spécifiant les sujets: « et l’homme et la femme », renvoie ouvertement à l’épisode biblique, où Adam et Éve n’ont pas pu résister à la tentation. L’usage de la polysyndète(et…et..), ainsi que l’expression « de nature » inscrivent la tension vers le mal, dans la l’inévitable. Par ailleurs, le recours à la quantité totale « toute », fait du mal la seule source de la volupté, excluant toute autre possibilité de jouissance. Cependant, l’expression «de nature », si elle assimile la conscience humaine, touchant le mal et la volupté, à un savoir instinctif, elle suggèreégalement qu’un tel savoir ne prend que dans un état précis, celui justement de la nature, non de la culture ou encore la civilisation. (Problématique) Si l’on concède volontiers que le mal est la source de la volupté, n’est-il pas également, eu égard au progrès culturel, une source de conscience malheureuse ? (Annonce du corpus et du plan) En nous référant à Macbethde Shakespeare, Profession de foidu vicaire savoyardde Rousseau et Les Âmes fortes de Jean Giono, nous analyserons d’abord le mal comme source de volupté, avant de le considérer comme source de malheurs, ce qui nous permettra enfin d’aborder la nécessité d’y résister.



(Phrase introductive de la 1ère partie)



Si le mal est perçu comme source de volupté, c’est que sa possibilité octroie un sentiment de plaisir, etpromet d’accéder à l’état du bonheur.



(1ère partie)



(1ère sous-partie de la 1ère partie)



(L’idée) La tentation du mal est d’autant plus puissante, qu’elle engendre une sensation de plaisir. (Argument) En atteste le réflexe, commenté d’ailleurs par Bergson, dans Le Rire, et qui consiste à rire méchamment d’un être humain qui tombe subitement. (Exemples puisés dans les œuvresau programme[2]+ l’analyse des exemples) Jean Jacques Rousseau, analysant le comportement du « méchant », rend compte de ce penchant : « sans la satire amère, sans la raillerie insultante, il serait toujours triste ; le ris moqueur est son seul plaisir ». Si le « méchant » chez Rousseau ne trouve le plaisir que dans la méchanceté, Thérèse, dans Les âmes fortes, accorde au plaisir le privilège desuccéder à la réussite : « Si elle a fait quelque détour (…) c’était pour mieux réussir. D’abord. Et ensuite pour faire durer le plaisir». Chez Shakespeare, Macbeth perpètre le régicide pour avoir « le cercle d’or », mais cynique et déterminé, après les premières hésitations, il exprime ouvertement l’idée de ne tuer que pour le plaisir. S’adressant au meurtriers qu’il a recrutés pour liquiderBanquo, il le dit ouvertement: « Et bien que je puisse à visage découvert le balayer hors / de ma vue, exerçant là mon bon plaisir…» Il est donc clair que l’un des ressorts du mal est bien le plaisir, qui octroie un sentiment de supériorité sur les autres, frôlant même la démesure.



(Les autres sous-parties : même principe, avec une latitude d’usage bien sûr[3])



Par ailleurs, le mal...
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