Maltraitance

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  • Publié le : 5 juin 2011
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La maltraitance est un phénomène qui s’exerce par la force ou par des négligences. Ces dernières sont plus insidieuses et de ce fait, plus difficiles à détecter mais tout aussi néfastes car les besoins des patients hospitalisés ne sont plus reconnus. A travers différents témoignages, nous allons nous intéresser à cette maltraitance dite « ordinaire ». Nous verrons à l’aide de divers travaux desociologues en quoi l’investissement émotionnel joue un rôle dans le maintien d’un acte de bien traitance ?
Il est tout d’abord utile d’identifier les acteurs et les rôles de chacun, les concepts impliqués ainsi que les relations que cela engendrent. Pour finir, nous verrons avec « l’expérience d’un objet de médiation dans la relation de santé : le carnet de bord » comment les soignants peuventexprimer leurs émotions dans la relation de soin.

Les acteurs et leurs rôles
Selon Talcott Parsons (sociologue), le médecin se définit par sa compétence technique, il traite des problèmes objectifs dans des termes scientifiquement justifiables. Le but est de guérir le malade (dans le cadre de la maladie aigue). Le médecin doit reconnaître l’état de malade de son patient, ne pas abuser de savulnérabilité (concept lié), mettre en œuvre une thérapie adaptée et faire preuve d’un intérêt détaché. Pour la médecine, la primauté donnée à la recherche du profit n’est pas légitime.
En contre partie, le malade doit obéir au médecin, coopérer à sa guérison. Le patient est dépendant du médecin en raison de son incompétence et de son état anxiogène lié à la maladie.
La professionnalisation de lamédecine qui implique la certification des compétences médicales et le respect d’une déontologie institutionnalise cette relation en définissant les rôles complémentaires du médecin et du malade. La complémentarité des rôles ainsi définit fonde l’autorité du médecin sur le malade et la transforme en relation d’autorité et de confiance.
Dans le premier cas étudié « au chevet de l’enfant malade »,Claire (chef de service) dit à la mère de Luc : « mais vous vous y prenez très mal, ce n’est pas comme ca qu’il faut faire. Tu te laisses examiner sinon je me fâche ». Claire émet un jugement de valeur sur les capacités de la maman à être une « bonne mère », elle fait preuve d’autorité et finit même sa phrase par une menace afin de pouvoir réaliser son examen. Elle ne laisse aucune place a sesémotions ni à celles de la mère. Pour autant, à cet instant précis, si la question lui était posée, se penserait elle maltraitante ?
Dans le deuxième témoignage, Brigitte (patiente hospitalisée) se sait allergique aux produits anesthésiants. Elle est couverte de pustules qui la démangent pourtant l’anesthésiste (sure de ses compétences) lui répond « vous auriez fait une réaction pendant pas après ». Iln’écoute pas sa patiente qui pour lui est profane et ne peut pas savoir mieux que lui. Pourtant, Brigitte s’exprime et peut dire ce qu’elle ressent. Elle pose alors la question « qu’en est il de tous ceux qui souffrent et qui ne peuvent ou n’osent pas parler… ?».
Dans le troisième cas, tiré de « la maltraitance ordinaire dans les établissements de santé », la maltraitance n’est pas seulementliée à des comportements individuels mais aussi à l’institution. Emilie, fille d’une patiente âgée nous dit : « l’organisation du service les obligent à porter des couches et à faire dedans ». Comment dans ce cas là, est-il possible de préserver l’autonomie et la dignité (autres concepts liés) ?
« Entre les murs clos de l’institution, il sera toujours possible de contraindre pour protéger, desurveiller pour soigner, de punir pour socialiser » (Michel Billé ; sociologue)
Il est clair que l’analyse de Talcott Parsons ne s’applique plus actuellement de façon satisfaisante. Si les gens osent parler, c’est pour que de tels comportements ne soient plus acceptés. Un malade moins passif qui s’informe et revendique son autonomie et un médecin confronté à un malade qui lui résiste remet en...
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