Management interculturel

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  • Publié le : 17 avril 2011
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3. Les communications interculturelles

C'est l'hypothèse de Humboldt (1956) selon laquelle il faudrait pouvoir parler la langue d'un autre peuple pour pouvoir en connaître le mode de pensée ; elle va de pair avec l'hypothèse qui voit dans la compréhension de soi les limites des possibilités de compréhension de l'autre. Pour présenter un modèle simple permettant de comprendre le processus decommunication, voici le suivant :

Schéma
Modèle de communication
Information Information



Codage Décodage

Transmission

Émetteur
Récepteur

Ce schéma peut être interprété de la manière suivante : un émetteur fournit une information à un récepteur. Il doit la coder, par exemple, la transformer en langage. L'apparition de malentendus entre émetteur etrécepteur dépend de la manière de décoder du récepteur ; si elle est plus ou moins identique au travail de codage de l'émetteur. Ce dernier fournit son information à des fins de communication, son information, autrement dit, résulte de son intention de communiquer un message. Une première discordance peut donc se produire entre l'intention communicationnelle et l'information. C'est là un exemplefréquent de la vie quotidienne, lorsque les personnes donnent l'impression de ne pas réussir à trouver des formules adéquates pour communiquer leur message. L'allemand a une tournure pour ce cas de figure : "nach Worten suchen" ["chercher ses mots"].

On trouve dans les cultures des traditions qui déterminent la manière de transformer les messages en information. Les chercheurs en ethnométhodologieont étudié ce phénomène. Ainsi, Adato (1976) a présenté une étude comparée des manières de prendre congé dans diverses cultures avec les variantes d'une culture à une autre. L'information varie dans chaque cas. D'après ce qui est souvent dit, en allemand, les messages donnés seraient plus nettement orientés vers l'information explicite : le message réexplicite des parties du contexte, tandis qu'enfrançais c'est le contexte du message qui importe ; celui-ci, autrement dit, peut plus souvent se passer d'expliciter exhaustivement le contexte et il reste plus implicite -en français, l'information dépendrait plus du contexte qu'en allemand. Au niveau du codage et du décodage, ces différences auraient une importance capitale parce qu'elles pèseraient fortement sur la compréhension mutuelle (cf.Luhmann 1986).

Les discordances évoquées entre une entreprise française et un fournisseur allemand pourraient être abordées et analysées dans le cadre d'un modèle de ce type, car il est susceptible de fournir une explication plausible de leur genèse. Mais on court le risque de s'arrêter trop vite à cette analyse, en croyant pouvoir se satisfaire du résultat obtenu.

En poussant plus loin cetteanalyse, il s'avère qu'à elles seules les connaissances linguistiques ne suffisent pas ; les malentendus ne peuvent être réduits qu'en prenant en compte aussi le contexte communicationnel. En elle-même, une langue ne peut y donner accès, elle se situe également au sein d'un contexte, qui peut, lui aussi, être différemment compris par l'émetteur et le récepteur. Les processus de communication sontdéterminés par les schémas cognitifs de ceux qui y prennent part. Ces schémas diffèrent d'une culture à l'autre (cf. Knapp 1995, p. 11 sq.). Ainsi, dans les rencontres franco-allemandes, des différences apparaissent quant à la gestion du temps. Des participants allemands qui se tiennent strictement à l'heure officielle de l'ouverture des travaux peuvent s'exposer à un délai d'attente plus longque prévu. Les Français, de leur côté, prennent la ponctualité des Allemands comme une vertu secondaire plutôt que comme un signe de leur intérêt, ce qu'elle signifie pour les Allemands. On pourrait continuer à développer ces observations. Mais même dans leur brièveté, elles permettent déjà de laisser entrevoir des éléments du contexte (inter)culturel.

Un autre élément essentiel, ce sont...
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