Manon lescault

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  • Publié le : 23 novembre 2010
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Dissertation : La sincérité dans la Vie de Marianne et Manon Lescaut.
 
  La relation entre sincérité et mensonge a toujours interpellé les critiques de Roman. Au XVIIIe siècle vont se multiplier les confessions, dont la plus célèbre est sans doute celle de Jean-Jacques Rousseau et les romans mémoires, notamment sous la forme de romans épistolaires et de romans narratifs. C’est à la question :« un récit à la forme personnelle implique-t-il qu l’on soit dans le mensonge ? ou est il au contraire garant d’une confession sincère ? » que nous tenterons ici de répondre. Pour ce faire nous nous appuierons sur deux romans. Le premier est Manon Lescaut de l’abbé Prévost dans lequel le chevalier Des Grieux tombe amoureux fou d’une jeune femme et raconte ses mémoires à Renoncourt. Le secondroman que nous nous proposons d’étudier est La Vie de Marianne de Marivaux dans lequel une narratrice déjà âgée, Marianne, se souvient de son adolescence d’orpheline faisant l’apprentissage social et sentimental de la bourgeoisie parisienne du XVIIIe Siècle. (Marivaux s’est beaucoup intéressé à la question de la sincérité dans ses œuvres. En effet si nous parcourons la liste des pièces de théâtre deMarivaux : sur trente-cinq, il en est onze qui par leur titre posent le problème de la sincérité : deux l’abordent directement, ce sont Les Sincères et les Acteurs de bonne foi ; les autres s’y rattachent : le thème de la vérité est explicite dans L’amour et la vérité ; le masque et le déguisement apparaissent dans trois de ces titres : Le Prince travesti, La Fausse suivante et l’Heureuxstratagème, trois suggèrent le mensonge : Les Serments indiscrets, Les Fausse confidences et Le jeu de l’amour et du hasard, deux pièces enfin ont pour sujet la fidélité, La Femme fidèle, et la Double inconstance.) Mais peut on réellement parler de mensonge et de sincérité dans une œuvre fictive. Se pose dès lors la question de savoir quelle est la place de la sincérité et du mensonge dans ces œuvres ?et quel en est l’enjeu ? Pour répondre à ces questions, nous proposerons trois pistes d’étude, nous nous interrogerons dans un premier temps sur la place de l’auteur à travers les romans ; dans un second temps nous analyserons la sincérité des personnages ; dans une troisième partie, nous montrerons quel rôle joue la sincérité et l’empathie qu’elle suscite dans la Vie de Marianne et Manon Lescaut. 
 
Partir de l’idée que les œuvres littéraires sont des confessions, serait implicitement admettre qu’elles sont des autobiographies où Marivaux et l’Abbé Prévost exposent avec franchise les fautes et les erreurs de leurs vies. Dans Le Pacte autobiographique, Philippe Lejeune définit l’autobiographie comme étant un « récit rétrospectif en prose qu’une personne réelle fait de sa propreexistence, lorsqu’elle met l’accent sur sa vie individuelle, en particulier sur l’histoire de sa personnalité ». Autrement dit, les auteurs feraient le témoignage de leur propre existence. Cette idée est d’autant plus crédible que l’emploi du « je » établit un doute sur l’identité du narrateur. Philippe Lejeune établit l’équation de l’autobiographie : auteur = narrateur, et auteur = personnage, d’oùl’on déduit que auteur = personnage. Cependant, La Vie de Marianne et Manon Lescaut ne sont pas des autobiographies puisque le narrateur n’est pas l’auteur. Dans le premier ouvrage, c’est Marianne mémorialiste qui raconte sa propre vie ; dans le second, c’est Renoncourt qui rapporte au discours direct l’histoire que vient de lui narrer Des Grieux. On préfèrera alors désigner ces deux livres par leterme roman mémoire ou autobiographie imaginaire. Dans les deux cas, il ne peut y avoir de véritable confession puisque ces romans sont fictifs. Cependant, nous trouvons des similitudes entre la vie de l’auteur et la vie des « héros » de leurs livres. Bien que fictives, nos ouvrages sont peut-être des autobiographies déguisées.
 
 
 
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