Manon lescaut

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  • Publié le : 17 mai 2010
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Introduction

C'est le troisième épisode du récit : après la première rencontre de Manon et sa première trahison, Des Grieux, enlevé par son père, retrouve la voie de la raison et décide de renoncer au monde : il entre avec Tiberge au séminaire de Saint-Sulpice. Mais, lors d'un exercice public, il est reconnu de Manon qui vient lui rendre visite.

Plan
Trois mouvements, dans le passage, quicorrespondent aux attitudes des personnages :
1. "je demeurai assis..."
2. "elle s'assit..."
3. "nous nous assîmes..."

1. Premier mouvement

Stupeur du chevalier qui s'explique par le temps écoulé depuis leur rupture (deux ans), par le rôle qu'a décidé de jouer Manon (yeux baissés, n'osant le regarder) et par son propre rôle d'ecclésiastique, qui renforce sa pudeur naturelle.
C'est àManon de parler ("j'attendais qu'elle s'expliquât"), mais l'attitude de la jeune femme est ambivalente : elle se montre embarrassée et pleure : une attitude assez théâtrale dont ni le chevalier ni le lecteur ne peuvent être assuré qu'elle soit sincère ou calculée (pour apitoyer son interlocuteur).
Le souvenir de cette scène est assez difficile, à la fois en raison de l'éloignement temporel et dela vague d'émotion qu'il suscite encore dans le coeur du narrateur. D'où des paroles relatées au style indirect, qui confèrent de plus à la scène une certaine douceur générale.
Auto-accusation de Manon ("confessait", "infidélité", "haine"), qui, du coup, peut accuser le chevalier sur d'autres points : "dureté" "m'informer de son sort". Elle accuse ainsi davantage Des Grieux qu'elle-même, nejustifiant en rien sa propre attitude. Sa grande habileté, comme dès la première rencontre, entraîne un résultat identique : "Le désordre de mon âme... ne saurait être exprimé."
Ainsi, la victime initiale devient le coupable : Manon sait jouer de la sensibilité de son amant et de ce qu'elle montre de la sienne ("l'état où elle était", c'est-à-dire ses larmes).


Deuxième mouvement

Ens'asseyant, Manon montre qu'elle contrôle la situation. Elle sent la portée de ses paroles et comprend qu'elle exerce à nouveau une domination sur Des Grieux.
Lui, reste sur la défensive, de manière assez passive, sans refuser totalement l'entretien : "à demi", "n'osant... directement" : Manon est plus forte que lui, que l'émotion a vaincu (il se sent partagé entre son amour pour Manon et le souvenirdouloureux de sa trahison). Ses seules paroles ne peuvent donc être qu'un cri de douleur, qui se réfère entièrement au passé. Style tragique de cette interjection (par le terme choisi, "perfide" et par le triple usage de ce terme).

Après un début assez lent, une sorte d'exposition, cette scène quasi théâtrale va s'accélérer, par l'intermédiaire des paroles (en écho les unes aux autres, toutd'abord : "perfide", "perfidie" ; "que prétendez-vous...", "je prétends"). Accélération également par l'intensité des pleurs de Manon ("quelques larmes", "à chaudes larmes"), dont on peut penser qu'ils gagnent en sincérité.
Dès lors, Manon va dévoiler son plan : elle ne peut justifier l'injustifiable et va jouer sur un autre tableau en dénonçant l'incompréhension du chevalier à son égard. Le pointculminant de l'accélération est atteint avec les termes "mourir" et "vivre", presque juxtaposés, entre lesquels s'intercale "coeur", centre vital, source et réceptacle d'amour.
C'est sur ce thème de l'amour que Manon se place donc, car elle sait que là, Des Grieux est vulnérable ; elle devient alors la victime possible ("mourir" n'est pas exclu) ; nous sommes en pleine tragédie lyrique.
Des Grieux,à son tour, reprend le thème de Manon, mais différemment : le passage au tutoiement est un aveu d'amour à lui seul ; ses pleurs, spontanés, constituent pour lui une délivrance (et un échec de la raison qui l'avait guidé depuis deux années). La volonté ne peut rien contre l'amour : c'est ce qu'avouent ses dernières paroles d'impuissance à se séparer de sa bien-aimée.

Les actes vont remplacer...
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