Maraud

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  • Publié le : 5 juin 2010
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Chapitre II - Les adieux du vieillard

I) Introduction

Supplément au voyage de Bougainville, de Diderot, est conçue comme un dialogue opposant deux façons de penser, de vivre. Elle soulève également le problème du colonialisme et célèbre la vie sauvage par rapport à l'homme civilisé, ici dénigré. Dans cet extrait, Denis Diderot met en scène un vieillard qui se présente comme étantindifférent au départ des blancs. Au moment de ce départ, il prononce un discours violent divisé en deux parties : dans la première, il s'adresse tout d'abord aux Tahitiens puis dans la deuxième, il s'adresse directement à Bougainville. Dans ce texte, Diderot souligne l'opposition entre deux nations, les qualités des Tahitiens devant les défauts de la culture blanche.
Nous verrons en quoi ce discoursprésente les méfaits de la civilisation, fait un éloge de la vie naturelle et sur quoi repose sa force oratoire.
II) Étude

A) Les méfaits de la civilisation
• Destruction et immoralité des colons :
Diderot qualifie les hommes civilisés de " méchants " (l.8). Il utilise un champ lexical fort pour souligner cette cruauté avec des verbes comme " enchaîner ", " égorger ", " assujettir ", "se haïr ", " asservir "… Ce champ lexical renforce l'attitude des Européens envers les Tahitiens et Diderot développe le champ lexical de la violence : " funeste avenir ", " fureurs inconnues ", " folles ", " féroces ", " esclaves " et " teintes de sang ". Les mots sont appuyés grâce à des énumérations et répétitions (l.20). L'auteur utilise également le passé composé qui renforce le caractèrenocif des Européens et s'accompagne d'un processus de cause à effet " tu as tenté d'effacer ". Grâce aux champs lexicaux de la violence et de la guerre, Diderot dresse ainsi un portrait réaliste du comportement des Européens face aux Tahitiens.

• Intrusion de la notion de propriété :
L'injustice et l'immoralité dont font preuve les Européens sont marquées ici par l'intrusion de la notionde possession (l.29). De plus, les Européens font preuve de mépris " sommes-nous digne de mépris " (l.18).
On a aussi l'émergence de besoins nouveaux : des besoins factices qui créent une hiérarchie, une jalousie. Cette injustice se traduit par l'application de la loi du plus fort dès l'arrivée des occidentaux " ce pays est à nous " (l.25). Le vieillard s'indigne d'un tel comportement dela part des occidentaux (" ce pays est à toi ? Et pourquoi ? ") et s'exprime grâce à un renversement de situation hypothétique qui montre l'illégitimité de cette situation. Cette loi du plus fort est ainsi en totale opposition à la loi naturelle défendue par l'auteur dans la seconde partie du discours.
Diderot nous montre que le pouvoir et la propriété entraînent l'injustice et la jalousie :" je ne sais quelle… " (l.19), par cette phrase il met en avant la haine entre les membres de la société : " allument des fureurs inconnues ", " femmes folles ", " féroces ", " haïr ".
L'auteur s'oppose ainsi aux lumières de la civilisation que tentent d'imposer les colons et rejette la colonisation que pratiquent ces derniers.

B) L'éloge de la vie naturelle :
La vie naturelle estprésentée dans ce texte sur 4 valeurs essentielles : tolérance, innocence, simplicité et liberté.
• Innocence et bonheur :
Diderot défend une société s'appuyant sur l'innocence et entraînant un bonheur : " nous sommes innocents, nous sommes heureux " (l.16). Ceci est rattaché à la notion de nature très présente dans le texte : " nous suivons le pur instinct de la nature ". Cette innocenceest due à la copropriété : " tout est à tous " (l.18) et " nos mœurs sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes " (l.36). Ce que les Européens qualifient d'ignorance est en fait l'innocence, la sagesse aidant au bonheur de cette société.

• Un monde de liberté et de tolérance :
L'auteur défend également les concepts de liberté et de tolérance : " nous sommes libres "...
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