Marc aurele

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  • Publié le : 7 février 2011
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Corrigé du texte de Marc Aurèle.
L’idée de vengeance

"Lorsque tu es offensé par l’impudence[1] d’un homme, demande-toi aussitôt : « Se peut-il donc qu’il n’y ait pas d’impudents dans le monde ? » Cela ne se peut pas. Ne réclame donc pas l’impossible, puisque cet homme est l’un de ces impudents qui nécessairement se trouvent dans le monde. Sois prêt à te poser la même question devant unscélérat, un fourbe ou tout autre coupable. En te rappelant en effet qu’il est impossible qu’il n’existe pas des gens de cette sorte, tu deviendras plus indulgent pour chacun d’eux. […]
Sur toutes choses, quand tu te plaindras d'un ingrat et d'un perfide, ne t'en prends qu'à toi-même; car c'est manifestement ta faute, soit d'avoir cru qu'un homme ainsi disposé te garderait le secret, soit quandtu as fait un plaisir, de ne pas l'avoir fait gratuitement, sans en attendre aucune reconnaissance, et de n'avoir pas recueilli tout de suite le fruit de ton action, dans le moment même de l'action. Car que veux-tu davantage ? N'as-tu pas fait du bien à un homme. Cela ne te suffit-il pas ? Et, quand tu agis selon la nature, demandes-tu d'en être récompensé ? C'est comme si l'œil demandait d'êtrepayé parce qu'il voit, et les pieds parce qu'ils marchent. Car, comme ces membres sont faits pour cela, et qu'en remplissant leurs fonctions ils ont tout ce qui leur est propre, de même l'homme est né pour faire du bien, et toutes les fois qu'il est dans cet exercice ou qu'il fait quelque chose d'utile à la société, il accomplit les conditions sous lesquelles il est au monde, et il a ce qu'il luiconvient."
Marc Aurèle, Pensées pour moi-même.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Nous allons insister dans ce corrigé sur la dimension philosophique du texte, car vous êtes encore trop nombreux à faire une simple lecture du texte.Qu’est-ce que je veux dire par là ? Lire un texte, c’est en quelque sorte le recopier. Or cela, mis à part pour quelques textes difficiles à comprendre, c’est à la portée de tout le monde. Mais l’intitulé de l’exercice précise bien qu’au-delà de cette lecture, vous devez trouver le problème qui sous tend le texte. Qu’est-ce que le problème ? C’est la question qui a motivé l’écriture du texte. Vouspouvez vous dire que systématiquement un texte présenté en terminale répond à une question implicite ou explicite. Le plus souvent cette question est implicite, et donc votre travail est de la retrouver pour la développer. C’est ce qu’on appelle autrement l’intérêt philosophique du texte. Donc vous devez ne pas vous contenter de recopier ce que vous lisez, sans vous interroger sur ce qui poseproblème.
Nous allons essayer de vous faire comprendre ce qui posait problème dans ce texte de Marc Aurèle (auteur à votre programme je vous le rappelle.) Bien sûr, ce dont il faut que vous soyez persuadé, c’est que ce n’est pas une question « d’inspiration » comme je l’ai lu sur une copie, car la magie n’intervient pas. C’est une question de travail, que vous pouvez comparer à celui del’enquêteur qui cherche un sens aux faits qui se présentent à celui. Ce n’est pas le mobile et les circonstances d’un crime que vous devez retrouver, mais les mobiles de l’écriture d’un texte.

Quelle est l’argumentation du texte ?

Ce texte n'est ni une démonstration, ni un essai polémique. C'est un ensemble de préceptes moraux, que délivre Marc Aurèle. Aussi il ne faut rechercher de structuredémonstrative rigide. Marc Aurèle donne des conseils pragmatiques sans donner les clefs [philosophiques] pour expliquer ses propos (cf. les explications qui suivent.)

Nous pouvons diviser ce conseil moral en quatre parties:
a. L1 à l 6 : L’Empereur stoïcien décrit une réalité un état de fait et discute de légitimité de cette réalité : certains idéalistes diraient...