Marguerite duras

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  • Publié le : 10 octobre 2010
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« Marguerite Duras est née en Indochine où son père était professeur de mathématiques et sa mère institutrice. A part un bref séjour en France pendant son enfance elle ne quitta Saigon qu’à l’âge de dix-huit ans. »
Succincte, laconique, voire anodine, cette notice biographique, inscrite dans tous les ouvrages de Marguerite Duras, n’est guère flatteuse pour l’écrivaine. Elle contient,heureusement, une information cruciale, celle de l’enfance indochinoise de la jeune Marguerite Donnadieu. En effet, l’enfance, accompagnée de son cortège d’événements tant traumatisants que fondateurs, fut profondément déterminante dans la « prédestination » de Marguerite à l’écriture. Ainsi, dés l’incipit de l’amant, le désir d’écriture est déjà présent et clairement identifié par la jeune fille : « Toutest là et rien n’est encore joué, je le vois dans les yeux, tout est déjà dans les yeux. Je veux écrire. » (Page 29). Elle n’a alors que quinze ans et demi…
L’enfance est donc le point de départ de l’aventure littéraire pour Marguerite qui nourrit, entre la violence du frère et la folie de la mère, une peur de l’enfance ; « L’écriture fut la seule chose à la hauteur de cette catastrophe d’enfant »dit-elle lors d’une interview.
Lire une œuvre de Marguerite Duras est une expérience peu ordinaire, particulière et, en vérité, indescriptible. Le drame, le désir ainsi que la famille y sont omniprésents donnant ainsi naissance à une atmosphère lourde, oppressante et inhabituelle. J’ai découvert l’écrivaine, il y a quelques années, à travers le roman l’amant qui m’a réellement bouleversé. Cefut un vrai coup de foudre qui s’opéra entre cette écriture qui osait écrire ce qui, de coutume, ne « s’écrivait pas »  et la jeune fille timide que j’étais. J’ai alors lu, en guise de loisirs, quelques unes de ses œuvres mais sans jamais vraiment les approfondir. Pour ce bilan de français, j’ai choisi de commencer par lire les huit premières œuvres de Marguerite Duras ; puis ces deux grandssuccès que l’on pourrait qualifier de « classiques » de la littérature.
Voici donc les œuvres que j’ai lues :
Les impudents (Folio n°2325)
La vie tranquille (Folio n°1341)
Un barrage contre le Pacifique (Folio n°882)
Le marin de Gibraltar (Folio n°943)
Les petits chevaux de Tarquinia (Folio n°187)
Des journées entières dans les arbres suivi de Le boa – Madame Dodin – Les chantiers (Folion°2993)
Le square (Folio n°2136)
Moderato Cantabile (Editions de Minuit)
L’amant (Editions de Minuit)
L’amant de la Chine du Nord (Folio n°2509)
J’ai choisi de lire ces premiers ouvrages afin de voir si l’œuvre durassienne avait une logique, une cohérence ; c’est-à-dire un fil conducteur dans son écriture. De plus, j’ai aussi fait comme choix, et je l’assume, de ne voir aucun film de MargueriteDuras car, selon moi, ils font partie d’une phase secondaire de son œuvre. J’ai donc prévu de les visionner pour le second bilan. Enfin, j’ai aussi lu une grande partie de l’essai biographique de Laure Adler sur Marguerite Duras (Biographies Gallimard).

EXPOSE :

*L’écriture comme catharsis.
Peu avant sa mort, Marguerite Duras autorisa le transfert de toutes ses archives personnelles àl’Institut de la Mémoire de l’Edition Contemporaine. Comme l’explique Laure Adler dans son essai, ce fut seize cartons qui arrivèrent à l’IMEC. Dans l’un d’eux se trouvait une lettre dans laquelle Marguerite racontait, bien avant la publication du roman, son histoire avec l’amant, qu’elle ne rendu publique que soixante-dix ans après. Quand elle l’écrit pour la première fois, elle semble exorciser cettehistoire, l’écriture de ce journal a une fonction de catharsis : « Mots cailloux qu’elle expulsera d’elle-même. » écrit toujours Laure Adler. Ainsi, dés le début, l’écriture fut pour Marguerite un moyen d’exorcisation de ses vieux démons.

En effet, en étudiant ses premières œuvres avec attention, on constate que l’histoire de L’amant se dessine déjà dans le Barrage mais elle n’ose pas...
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