Maria chapdelaine, le roman de la terre

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  • Publié le : 13 avril 2010
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Le Québec au début du vingtième siècle fait face à beaucoup de changement et rencontre de nombreux nouveaux défis. L’industrialisation se développe dans les régions du Lac Saint-Jean, de l’Abitibi et du Temiscamingue. La paroisse rurale, qui s’installe de pair avec les industries pour poursuivre la civilisation traditionnelle, arrive avec peine à s’établir puisque les cultivateurs sont réticentsà l’idée de cultiver sur des sols hostiles où la période d’agriculture est de moins de cent jours. Les Canadiens français migrent alors vers l’Ouest ou vers les États-Unis, attirés par la civilisation urbaine. Pour contrer cet exode, le Québec se doit de se nationaliser. La quête d’une identité nationale est un projet qui passe entre autre par la littérature avec le mouvement littérairerégionaliste. Le régionalisme prône l’agriculture comme étant le mode de vie idéal: « (…) le travail des champs est le plus naturel et le plus conforme à la volonté de Dieu. » Tel qu’énoncé par l’abbé Camille Roy, cette littérature doit traiter de sujets canadiens d’une façon canadienne. «Pour rester nationale, notre littérature doit être avant tout franchement chrétienne. » Le régionalisme a une idéologiede conservation qui encourage les valeurs traditionnelles pour que l’identité nationale précaire se forme solidement, sans l’influence des valeurs venues d’ailleurs. Maria Chapdelaine de Louis Hémon, tout d’abord sous forme de feuilleton en 1914, est publié en roman en 1916. Ce roman s’inscrit dans le mouvement régionaliste. Tout d’abord, le roman traite d’une famille d’agriculteurs sur une terreencore à défricher et encourage ce mode de vie au travers des interventions des personnages. La religion est un thème maintes fois abordée et prend une place importante dans ce roman. La famille Chapdelaine est chrétienne et pratiquante malgré la distance qui les sépare des églises. Pour terminer, le désir d’assurer « la permanence d’une famille et d’une race », donc de garder les valeurstraditionnelles et de les transmettre et présent dans tout le récit et trouve son apogée à la toute fin du roman.

La glorification du mode de vie rural dans la littérature régionaliste a pour objectif de garder les Canadiens français en sol canadiens. Ils doivent occuper leur territoire même si les régions, comme le Lac Saint-Jean où se situe le récit, n’offrent que de maigres récoltes et ledéfrichement est un travail de longue haleine. Plusieurs pages décrivent en détail le travail difficile de Samuel Chapdelaine, de ses fils et d’Edwidge Légaré. Samuel est passioné par le défrichement et par cinq fois, il a défriché une terre, bâti une maison, une étable et une grange pour vendre sa concession et se diriger plus loin vers le nord. Souvent Laura rêve de vieilles paroisses où les terres sontcultivées depuis longtemps et où le travail est moins ardu. Elle soupire et pense au confort qu’elle y aurait trouvé. Au moment de la mort de Laura, Samuel regrette de ne pas avoir donné une terre à sa femme. Laura Chapdelaine et Eutrope Gagnon représentent la vie sédantaire et l’agriculture comme mode de vie idéal et supérieur. Pour Laura, « Un beau morceau de terre qui a été plein de bois et dechicots et de racines et qu’on revoit une quinzaine après, nu comme la main, prêt pour la charrue, je suis sûre qu’il ne peut rien y avoir de plus beau et de plus aimable que ça. » Devant les Français nouvellement propriétaires de la terre de Lorenzo Surprenant et qui semblent découragés par le dur labeur du défrichement, Laura défend l’honneur de la culture et soutient qu’avec une terredéfrichée, il est possible d’avoir une belle vie. À Lorenzo qui vante les avantages de vivre dans une grande ville et de manière urbaine, Laura, en secouant la tête, répond qu’il « n’y a pas de plus belle vie que celle d’un habitant qui a une bonne terre.(5) » Lorenzo courtise Maria Chapdelaine et cherche à la tenter en décrivant le bonheur d’habiter en ville mais il ne parle que « de plaisirs...
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