Mariage de figaro

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  • Publié le : 21 mars 2010
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Mariage de Figaro
Beaumarchais
Pierre-Augustin Caron, né en 1732 d'un père horloger, refuse d'apprendre le métier paternel, puis se ravise, invente même un mécanisme d'horlogerie, devient horloger de la cour, puis maître de harpe des filles de Louis XV; il prend le nom de Beaumarchais, acquiert une charge à la table du roi, et se transforme en financier.
En 1764, il est à Madrid, y faitd'étonnants projets de commerce mêlés d'intrigues politiques, hérite en partie les biens du financier Pâris Duverney, ce qui l'entraîne dans un procès de huit ans. Il se défend avec acharnement, en utilisant sans scrupule tous les moyens possibles, et en rédigeant contre le conseiller Goezman, son adversaire, des Mémoires aussi brillants que vigoureux.
En 1775, il fait jouer le Barbier de Séville qui,après un premier échec, connaît bientôt le triomphe avec une légère modification de la composition. Sa vie est toujours aussi aventureuse et dispersée. Il vend des armes en Amérique, fonde la Société des Auteurs Dramatiques, se bat contre la censure, et fait jouer en 1784 le Mariage de Figaro qui connaît un très grand succès. Pendant la révolution, il compose un drame moralisateur, part pourl'étranger, revient à Paris, reconstitue sa fortune et meurt en 1799.
Au cours de cette vie irrégulière et romanesque, Beaumarchais réussit à composer plusieurs pièces, en accord avec son Essai sur le genre dramatique sérieux, vertueuses et exemplaires; mais le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro les surclassent toutes. Beaumarchais s'y laisse aller à une hardiesse dans la satire sociale etpolitique, qui nous rappelle celle de Diderot dans le domaine philosophique et religieux, et celle de Laclos, en ce qui concerne les mœurs mondaines et la vie de société. L'amertume de la satire y est voilée par le torrent de la verve et du rire qui est le mouvement même de la vie.

Acte I

Jour de noces au château d’Aguas Frescas, près de Séville, chez le comte Almaviva, « grand corregidor» [juge suprême] d’Andalousie. Tandis que Figaro, « concierge » du château, mesure la chambre nuptiale, sa fiancée Suzanne, camériste de la Comtesse, lui apprend que le Comte, tout en ayant officiellement aboli le « droit du seigneur », veut faire d’elle sa maîtresse, et a chargé Bazile (voir le Barbier de Séville) de la négociation. Resté seul, Figaro s’indigne et réfléchit : comment empocherl’argent du Comte sans lui rien céder en échange ? Surcroît d’embarras : la vieille Marceline, aidée de Bartholo - autre revenant du Barbier -, entend faire valoir auprès du Comte une promesse de mariage de Figaro. Elle se querelle avec Suzanne, qui se moque de ses prétentions. Surgit, fort ému, le page Chérubin que le Comte vient de chasser après l’avoir surpris chez Fanchette, la fille du jardinier.Mais Chérubin courtise aussi Suzanne, tout en rêvant à la Comtesse sa marraine, dont il arrache à Suzanne le ruban de nuit. Ils sont surpris par le Comte venu faire sa cour à la camériste : terrifié, Chérubin se dissimule d’abord derrière un fauteuil, puis par un mouvement tournant s’y blottit sous une robe, lorsque le Comte, entendant entrer quelqu’un, lui prend sa première cachette. Ce n’estque Bazile, venu jouer les entremetteurs. Mais une allusion aux sentiments de Chérubin pour la Comtesse provoque la colère du Comte, qui se dresse brusquement ; en mimant sa découverte de Chérubin chez Fanchette, il tire sur la robe et, stupéfait, voit de nouveau apparaître le page ! Il en est d’autant plus irrité que Chérubin connaît maintenant tous ses projets... Heureuse diversion : une foule depaysans et de valets envahit la scène, conduits par la Comtesse et Figaro. Celui-ci demande au Comte de célébrer sur-le-champ l’abandon du droit du seigneur ; celle-là sollicite la grâce de son filleul. Verdict embarrassé du Comte : la cérémonie aura lieu plus tard ; quant à Chérubin, il partira pour l’armée, à l’autre bout de l’Espagne. Mais Figaro, discrètement, lui souffle le moyen de...
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