Mariage de figaro

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  • Publié le : 12 juin 2010
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I/ UN RETOURNEMENT DE SITUATION

Le comte furieux : l’attitude de la comtesse

Nous allons voir dans un premier temps que notre extrait met en scène un renversement de situation. Commençons par analyser la scène 16. Dans cette scène, le comte demande à sa femme d’ouvrir la porte du cabinet dans lequel il croit trouver Chérubin. Au fil de la scène, la demande du comte se fait de plus en pluspressante. Au début de l’extrait, le comte emploie une phrase interrogative et formule encore sa demande de manière courtoise : « encore une fois voulez vous l’ouvrir ? » (l.433-434). Mais cette demande va devenir de plus en plus forte car la comtesse refuse dans un premier temps de céder aux injonctions de son mari. Le ton du comte Almaviva va alors changer et il va avoir recours à des formules deplus en plus coercitives. Ainsi, à la ligne 441, le comte emploie le futur de l’indicatif qui a valeur d’ordre atténué : « Amour ou vanité, vous ouvrirez la porte ». Par ailleurs, l’expression « ou je vais à l’instant… » montre que le comte est prêt à employer la force pour parvenir à ses fins. Mais, sa formule est interrompu par la comtesse : il était sur le point d’enfoncer la porte. La scène16 est ainsi construite sur un crescendo dramatique dans la mesure où elle évoque la colère croissante du comte, colère qui connait une véritable gradation pour atteindre un paroxysme. C’est ce que montrent les phrases exclamatives suivantes : « Parlez donc ! », « sors petit malheureux !». ou encore : « Tu es bien audacieuse d’oser me parler pour un autre ! ». Dans cette phrase, nous remarquons quele comte passe brusquement du vouvoiement au tutoiement pour s’adresser à sa femme. L’emploi du pronom « tu » est ici une marque de mépris profond : on sait en effet que, dans la société du XVIIIe siècle, le tutoiement était réservé aux personnes de faible extraction (au peuple, aux serviteurs…). Ce changement est volontairement employé par Beaumarchais pour qu’il y ait un retournement desituation.
Voyons désormais quelle est l’attitude de la comtesse face à la colère du comte,. On peut constater tout d’abord que celle-ci adopte une attitude faite de soumission de supplication. Ainsi, nous pouvons constater que le registre pathétique est dominant. C’est ce que montrent, d’une part, les didascalies : « se jette à genoux » et « se jette sur une bergère, un mouchoir sur les yeux » (l.507)et, d’autre part, les expressions suivantes : « De grâce ! » (l.480), « au nom de votre amour » (l.499), « Oh ! Ciel ! Il va périr ! » (l.508). La comtesse utilise ici des interjections et des phrases exclamatives pour susciter la compassion du comte mais elle n’arrive pas à ses fins dans cette scène puisque le comte finit par ouvrir la porte du cabinet.

La confusion du comte : l’attitude dela comtesse

Nous avons étudié jusqu’à présent la scène 16. Deux scènes plus loin, dans la scène 19, la situation va s’inverser complètement. Désormais, c’est le comte qui va supplier la comtesse. Voyons donc comment ce retournement de situation s’est opéré. En effet, en ouvrant le cabinet, le comte s’attendait à trouver Chérubin et il est extrêmement surpris de découvrir Suzanne. Cette dernièreva ainsi devenir metteur en scène d’une comédie dans laquelle la comtesse va tenir le rôle principal. Ainsi, le comte, confus, va adopter une attitude plus attendrie vis-à-vis de la comtesse. En effet, il va utiliser un ton beaucoup plus doux pour d’adresser à sa femme. C’est ce que nous montre l’utilisation des expressions et didascalies suivantes : « Ah ! Madame » (l.534), « Pardon, je suisd’une confusion !»(l.537), « Par pitié » (l.561), « suppliant » (l.559) et « Le comte embrasse ardemment la main de sa femme » (l.619). Ainsi, la comtesse adopte une attitude de soumission totale à l’égard de son mari.

II/ DES SCENES DE COMEDIE

Le théâtre dans le théâtre

Après avoir montré que cet extrait met en scène un renversement de situation, nous allons voir que ces quatre scènes...
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