Marie d'apollinaire

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  • Publié le : 26 juin 2010
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Introduction
Le poème Marie est paru pour la première fois en octobre 1912 dans les Soirées de Paris. Comme le titre l'indique, Marie s'inscrit dans la continuité de la tradition lyrique puisqu'il en traite le thème dominant : l'amour. L'inspiratrice de ce poème est sans doute le peintre Marie Laurencin, d'autres pensent à Maria Dubés qu'Apollinaire aima en 1899 à Stavellet en Wallonie etqu'il chanta donc Marie Le Guetteur Mélancolique (la pleïade p.514). Quoi qu'il en soit, Marie est un prénom dont parla bien Ronsard " Marie où voudrait votre nom retourner
Il trouverait aimer : aimez moi donc, Marie. "
Marie est le poème de l'amour perdu, de l'écoulement du temps et de la musique.

Marie

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grandC'est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Uncœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finirala semaine

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

Etude linéaire
Le premier quintil traduit l'incertitude d'une rêverie oscillant du souvenir émerveillé à l'espérance, coloré d'impatience ou d'inquiétude. En effet, l'attaque du poème comportent des termes qui dénotent ou connotent le bonheur tels que " petite-fille " et " mère-grand " qui appartiennent au monde du conte defée, impression renforcée par des rîmes féminines aux sonorités claires et aiguës. Le " Y " auréolé de mystère relève du vague des rêves. A cette affirmation du passé heureux va se substituer une interrogation au futur et un double chiasme. L'image du passé se trouve projetée dans la mémoire du futur. L'avenir va-t-il ressembler au passé ? La danse est le 4e des 23 mots-clés d'Apollinaire etl'évocation est donc provoquée par son importance à l'imaginaire du poète. Après le passé et le futur, le présent, Apollinaire va employer, dans son désir d'unir le passé et le futur, le présent avant de basculer à nouveau dans le futur dans une perspective triomphante : " Toutes les cloches sonneront ". Pourquoi ? Pour un retour, pour un mariage ? L'anacoluthe qui suit traduit bien l'incertitude du poèteou la subordonnée est temporelle et dans ce cas il évoque une vision de retour où la subordonnée est une interrogative et le poète doute de ce retour.

Le second quintil est empreint de douceur harmonieuse qui exprime le rêve, la promesse d'un bonheur facile. Les " masques " et la musique évoquent la fête galante chère à Verlaine où l'excès de plaisir se dissout dans la légèreté. Le seulalexandrin du poème contient une déclaration d'amour dans son premier hémistiche et l'affirmation de sa souffrance à la manière des romantiques. " Et mon mal est délicieux " renvoie à " vous aimer à peine " (cf vix -> à peine / -> avec peine).
Le diérèse dans" délicieux " insiste sur le plaisir trouvé dans la douleur. Apollinaire vit dans l'incertitude donc dans l'inquiétude.D'ailleurs le quintil suivant justifie cette inquiétude déjà évoquée au début du poème : tout passe, tout change. Dans un paysage de neige lié au regret, à la perte, à l'absence, " brebis " et " soldat " signifient le passage. Cette évocation impressionniste est très belle d'autant plus qu'elle se double d'une technique de surimpression dans le jeu d'une même transformation métaphorique. Ce jeu se...
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