Marketing bancaire

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  • Publié le : 8 juin 2010
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En pleine croissance, la microfinance a un besoin considérable de fonds additionnels. Les fonds propres des institutions de microfinance (IMF) doivent être renforcés ; les investisseurs privés – qui s’engagent quand certaines conditions sont réunies – peuvent jouer un rôle essentiel dans ce développement. En ce qui concerne les fonds empruntés, si le recours aux marchés mondiaux ne semble pas êtreune solution, la mobilisation des dépôts du public et l’endettement bancaire sont en revanche indispensables pour répondre aux besoins actuels. Dans une moindre mesure, les bailleurs de fonds sont aussi appelés à appuyer la croissance du secteur. Pour parvenir à mobiliser toutes ces sources de financement, les IMF doivent s’hybrider, alliant au mieux mission sociale et recherche de profit.

LFouad Abdelmoumni
Al Amana Fouad Abdelmoumni est économiste, titulaire d’un diplôme en économie du développement de l’Université Mohammed V à Rabat et d’un diplôme de l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises à Casablanca, équivalent au MBA. Fouad Abdelmoumni a été vice-président de l’Association marocaine de droits de l’Homme et reste très impliqué dans la société civilemarocaine. Directeur général d’Al Amana depuis sa création en 1997, il siège par ailleurs dans de nombreux conseils d’administration.

a microfinance a acquis ses titres de noblesse en mettant en avant – par le biais de ses promoteurs – sa mission de lutte contre la pauvreté et d’inclusion économique et sociale. Mais c’est avant tout parce qu’elle a pu prétendre mettre réellement en oeuvre cettemission qu’elle a mondialement séduit. Le modèle économique sur lequel elle s’est construite repose sur le credo que les exclus des systèmes classiques de financement sont très souvent des travailleurs indépendants qui ont besoin de financements dans la durée, et qu’ils sont capables de rembourser leurs dettes et de payer le coût intégral du service. Ainsi, la dimension économique de la microfinanceest à la base même de la mise en œuvre de sa mission sociale.

Les taux effectifs du microcrédit sont généralement nettement supérieurs à ceux des financements bancaires, du fait même de ses caractéristiques propres (petits montants, courte durée, fragilité des garanties et autres recours, etc.). Les clients sont beaucoup moins sensibles aux taux d’intérêt qu’aux coûts d’opportunité et detransaction ; leur préoccupation repose surtout sur les gains que le microcrédit va leur permettre de dégager, via leur activité. Les coûts d’opportunité sont liés à l’absence d’accès aux services financiers et à l’inadéquation des montants octroyés, des durées des prêts, des périodicités de remboursement, aux périodes d’attente, à l’inadaptation des produits et des méthodologies. Les coûts de transactionconcernent quant à eux la qualité de service, les contraintes de garanties et

de déplacement, entre autres. Contrairement aux IMF, les banques sont dans l’incapacité de réduire coûts de transaction et coûts d’opportunité. De ce fait – et malgré les taux faciaux élevés, les coûts apparents et réels – la microfinance reste préférée par les populations démunies. Selon Rosenberg (2008), la valeurmédiane des taux d’intérêt réels globaux en 2007 était de 35 % – allant de 60 % au Mexique à moins de 20 % au Sri Lanka ; ces taux sont historiquement orientés à la baisse. D’après Gonzalez et alii (2009), la moyenne mondiale, elle, est de 26,4 % à la fin de l’année 2008. Un tiers des institutions dites rentables sont à caractère capitaliste, les deux autres tiers regroupent des ONG, des coopératives,des banques publiques et organisations à but non lucratif. La maturation du secteur, portée par la compétition et les économies d’échelle, l’augmentation de l’encours moyen et la maîtrise renforcée des charges d’exploitation, explique la baisse des taux. L’institution marocaine Al Amana, par exemple, a baissé le coût effectif global facturé à ses clients : de plus de 40 % en 2000, il est passé...
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