Marketing ethnique

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  • Publié le : 22 mai 2011
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« Le marketing ethnique consiste à segmenter le marché en s’appuyant sur l’homogénéité d’une souche ethnique de consommateurs (…) et de leur proposer des produits adaptés à leurs caractéristiques physiques et culturelles. » (B. Cova et O Badot)

Les opportunités marketing de « l’ethnicité »
La diversité culturelle au sein de beaucoup de pays industrialisés se développe. Bon nombre de ces paystentent de mesurer cette diversité. Les classifications statistiques des minorités ethniques varient énormément d’un pays à l’autre. Certains pays comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont récemment développé un système sophistiqué de classification des groupes ethniques tandis que les États-Unis recensent les individus en fonction de leur origine raciale depuis de nombreuses années.
Lavolonté de certains « marketers » est de traduire ces statistiques en termes d’opportunités de marché et d’atteindre des individus qui s’identifient à un groupe ethnique particulier et qui ont des comportements de consommation homogènes. Or les études démographiques montrent que dans l'avenir, la population dominante va tendre à se réduire au profit des groupes minoritaires. Par exemple, en Australie, legroupe dominant anglophone est censé représenter 66% de la population en 2030 tandis que les populations asiatiques auront augmenté de 13%.
Aux États-Unis, les projections montrent que la population blanche atteindra 62% de la population en 2025 contre 72% en 2000, et ce au profit des groupes hispaniques et asiatiques qui auront augmenté respectivement de 18 et 7%. Au regard de ces évolutions,certains croient que les approches marketing standardisées qui ignorent les différences culturelles existant au sein d’une même économie nationale ont peu de chance d’atteindre efficacement les groupes ethniques ayant un fort sens d’identité.
Il serait d’autant moins pertinent d’ignorer ces groupes de consommateurs que les indicateurs économiques montrent qu'ils voient leur pouvoir d’achat et leurinfluence dans leur pays d’accueil augmenter. C’est par exemple le cas aux États-Unis avec la puissance des groupes asiatiques en Californie et particulièrement dans la Silicon Valley, l’influence des groupes afro-américains dans les nouvelles tendances de consommation par l’intermédiaire de leurs acteurs, de leurs hommes d’affaires médiatiques mais aussi de leurs stars du hip hop. Enfin, il y al’apparition de l’espagnol comme première langue parlée dans certains États comme la Floride. Notons par exemple l’élection d’un maire hispanique, Antonio Villaraigosa, à Los Angeles en mai 2005.

La place du marketing ethnique en France

Le marketing ethnique
De nombreuses recherches ont été menées aux États-Unis depuis 1932 montrant les différences de comportement de consommation (Cui,2001) entre les minorités ethniques et la population dite majoritaire. En France, les recherches se font plus rares en raison de l’existence de principes républicains.
Le pluriethnisme est peu visible dans les publicités : en 1994, six publicités françaises mettaient des afro-français à l’honneur. Erik Vervroegen, directeur de création de TBWA déclare en 2004 : « il y a encore aujourd’hui des marquesqui refusent la présence de Noirs dans leur publicité ». Pourtant, en 2003, on compte 59 publicités françaises mettant des Noirs à l’honneur (Stratégie, 28 octobre 2004).
Allant dans ce sens, Marionnaud fait appel à Sonia Rolland pour répondre aux attentes des individus couleur « chocolat, caramel, miel » ou encore SFR et RTL mettent en avant des Noirs dans leurs publicités.
Se pose ainsi laproblématique suivante : les origines ethniques déterminent ou interviennent-elles dans l’acte d’achat et dans le choix des marques ?
En effet, certains annonceurs mais aussi certains publicitaires refusent une approche segmentée de la population selon l’appartenance ethnique. Pour certains, le marketing ethnique porte en lui les germes du communautarisme. Robert Rochefort, directeur du CREDOC,...
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