Marseille

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  • Publié le : 22 novembre 2009
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Marseille (Jules Supervielle)

Texte :

Marseille

Marseille sortie de la mer, avec ses poissons de roche, ses coquillages et l’iode,
Et ses mâts en pleine ville qui disputent les passants,
Ses tramways avec leurs pattes de crustacés sont luisants d’eau marine,
Le beau rendez-vous de vivants qui lèvent le bras comme pour se partager le ciel,
Et les cafés enfantent sur le trottoir hommeset femmes de maintenant avec leurs yeux de phosphore,
Leurs verres, leurs tasses, leurs seaux à glace et leurs alcools,
Et cela fait un bruit de pieds et de chaises frétillantes.
Ici le soleil pense tout haut, c’est une grande lumière qui se mêle à la conversation,
Et réjouit la gorge des femmes comme celle de torrents dans la montagne,
Il prend les nouveaux venus à partie, les bouscule unpeu dans la rue,
Et les pousse sans un mot du côté des jolies filles.
Et la lune est un singe échappé au baluchon d’un marin
Qui vous regarde à travers les barreaux légers de la nuit.
Marseille, écoute-moi, je t’en prie, soit attentive,
Je voudrais te prendre dans un coin, te parler avec douceur,
Reste donc un peu tranquille que nous nous regardions un peu
Ô toi toujours en partance
Et quine peux t’en aller
A cause de toutes ces ancres qui te mordillent sous la mer

Jules Supervielle, Débarcadères, 1927.

 
INTRODUCTION

Jules Supervielle, dans son recueil Débarcadères, publié en 1927, peint de nombreux paysages marins et côtiers. Dans le poème « Marseille » rédigé en vers libres, il propose une description minutieuse et élogieuse de la cité phocéenne, chère à soncœur. Quelle image de Marseille se dégage du poème ? Nous verrons tout d’abord comment Marseille est décrite par le poète, puis quelle relation le poète entretient avec Marseille.

DEVELOPPEMENT

I. Eloge de Marseille

Le poète veut proposer une description précise, sensuelle et affective de la ville.

[ A. Une description minutieuse ]

Le regard du poète cherche à englober latotalité des spectacles qui animent les rues phocéennes. Ainsi sont évoqués non seulement les abords arins de la ville (« mâts »), mais aussi ses infrastructures urbaines ( « tramways, cafés ») et ses habitants (« hommes et femmes »).
Les structures énumératives (v.10 par exemple) ainsi que l’anaphore de la conjonction de coordination « et » dans de nombreux vers (v.3, 8, 18…) témoignent de ce désirde tout dire, de tout englober.

[ B. Une ville grouillante ]

A cette précision descriptive s’ajoute la volonté d’animer la description, de rendre la ville de Marseille vivante, et plus encore grouillante.
La récurrence des pluriels (v. 1-3-27) ainsi que l’abondance des verbes de mouvement (« sorti, lèvent, enfantent, pousse, prendre ») soulignent cette intranquillité permanente.Ainsi, le poète inspire parfois au repos et à la quiétude (« que nous nous regardions un peu » v. 23-24) : il aimerait que l’écoute se substitue parfois au « bruit » urbain.

[ C. Une description sensuelle ]

Ville grouillante et toujours en mouvement, Marseille est aussi une ville qui comble les sens. En effet, dans les vers de Supervielle, ils sont mis en éveil, réveillés par la beautéde la ville (vue : « mâts luisants » ; ouïe : « bruit, tramways » ; odorat : « poissons, coquillages, crustacés >).
La ville est source de bien être, de plaisir et de volupté. Elles est d’ailleurs peuplée de « jolies filles » (v.18) ou de « femmes » aux « gorges[s] » généreuses. Elles rassasie donc l’esprit, mais aussi le corps.

[ Conclusion partielle et transition ]

Ainsi, c’est unedescription éminemment élogieuse de Marseille que nous propose Jules Supervielle. Le poète entretient avec la ville une relation affective et profonde.

Un poète amoureux de Marseille

Le poète éprouve des sentiments positifs à l’égard de la ville

[ A. Aimer Marseille comme un père ]

Tout d’abord, le poète se comporte comme un père, un tuteur à l’égard de Marseille....
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