Marthe robert

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Compte rendu
Ouvrage recensé :
Marthe Robert, Roman des origines et origines du roman, Paris, Grasset, 1972, 365 p.

par Jean-Pierre Goldenstein
Études littéraires, vol. 6, n° 1, 1973, p. 118-121.

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ÉTUDES LITTÉRAIRES/AVRIL 1973

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roman nepeut se lire ni comme une histoire, ni comme une aventure psychologique, ni dans une perspective humaniste, mais qu'il est une aventure de l'écriture, un texte « qui pose à l'intérieur de lui-même le problème de son fonctionnement» (F. Van Rossum). Les nouveaux romanciers refusent enfin les lectures qui figent leur entreprise et qui risquent de faire du nouveau roman une école, fermée et déjàsclérosée. Or le nouveau roman est en mouvement, en construction permanente, sur le plan théorique comme sur celui des textes romanesques. Ce dynamisme est évident, à lire le compte rendu même du colloque. Tout ceci, aux yeux de certains, ne risque-t-il pas de créer une sorte de « terrorisme littéraire » ? La question a été posée. De même a été posée la question des rapports des nouveaux romanciersproprement dits avec d'autres contemporains d'avantgarde comme les romanciers du groupe Tel Quel (Baudry — Sollers) ou ceux du groupe Change (J. P. Faye) qui écrivent aussi un roman nouveau. L'absence d'écrivains que l'on considère souvent comme des nouveaux romanciers a parfois surpris : S. Beckett, M. Duras, C. Mauriac étaient-ils donc trop différents pour venir au colloque de Cerisy ? Une dernièreremarque : un certain malaise, souligné par Robbe-Grillet, s'est manifesté vers la fin du colloque, devant les communications très formalisantes et techniciennes d'H. Prigogine et de Ricardou, qui soulignent essentiellement le rôle des procédés, des mécanismes, dans la génération d'une fiction et qui réclament une

critique « strictement scripturale » pour un roman fabriqué par la manipulationde divers signifiants de base. Ce malaise, visible à la fois chez les auteurs et chez les lecteurs, indique semble-t-il que la désacralisation de la création littéraire à laquelle travaillent justement les nouveaux romanciers n'est pas encore accomplie. On attend « autre chose», il y a dans l'écriture « autre chose », « une espèce de matière vivante » selon Robbe-Grillet ; et comme on se refuse àadmettre que ce soit de l'ordre de l'indicible, il faudra donc reprendre l'étude sur ce point. Tels qu'ils sont, ces actes du colloque de Cerisy sont extrêmement riches et intéressants, aussi bien pour les « problèmes généraux » du premier tome que pour les études particulières, les « pratiques » du second tome, et nul ne peut étudier aujourd'hui le roman contemporain sans passer par eux. NicoleBOTHOREL Université de Haute-Bretagne

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Marthe ROBERT, Roman des origines et origines du roman, Paris, Grasset, 1972, 365 p. Perspicace liseuse de romans (l'Ancien et le nouveau), freudienne convaincue {la Révolution psychanalytique), Marthe Robert, qui entretient en outre avec la littérature des contacts étroits et directs de par son activité de traductrice, était bien placée pour se...
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