Maupassant

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  • Publié le : 30 septembre 2010
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A propos de la spécificité du roman maupassantien, deux critiques écrivent : « La destinée catastrophique du personnage n’a pas de causes externes et n’est pas tant due à son milieu social ni à l’époque dans laquelle il vit qu’à son statut d’homme ». (Delphine Dussart et Catherine Hervé-Montel). Commentez cette réflexion d’après votre lecture d’un roman de Maupassant.
Nous nous référerons pourcet exercice au roman Une Vie.

Pour mieux faire parler une citation, la discuter, il est souvent efficace d’essayer d’abord de la contester, même si c’est pour en reconnaître ensuite la pertinence. Ici, l’idée que le destin catastrophique du personnage ne serait pas essentiellement dû à son milieu social et à son époque semble contredire une composante essentielle du naturalisme, à savoirl’étroite corrélation entre milieu et individu, entre éducation et individu. Cette réflexion pourrait nourrir une première partie de notre dissertation.

Il est bien sûr très souhaitable ensuite d’abonder dans le sens des critiques. Qu’ont-elles voulu dire? Le caractère de certains individus programmerait-il leurs échecs? Ou plus largement le fiasco de Jeanne Le Perthuis serait-il celui qui guette toutêtre humain? Voilà une deuxième idée à creuser dans ce devoir.

Il reste enfin à examiner le statut d’homme tel qu’il est vécu, tel qu’il est perçu par le personnage-témoin privilégié qu’est Jeanne Le Perthuis, parmi d’autres personnages. Autrement dit, il nous reste à définir une écriture qui choisit de raconter une aventure d’autant plus catastrophique qu’elle déploie une conception pessimistede l’homme, une écriture proprement maupassantienne qui dépasse le strict dogme naturaliste.

I LE MILIEU SOCIAL ET L’EPOQUE COMME REPOUSSOIRS
A/ Une éducation idéaliste
La question que nous nous posons est : en quoi le rousseauisme du baron a-t-il éventuellement favorisé les malheurs de sa fille ? La personnalité de cet homme qui croit au progrès, qui veut « laisser faire la vie », qui voitdans le monde entier une force bonne et généreuse « produisant sans but, sans raison et sans fin dans tous les sens et dans toutes les formes à travers l’espace infini, suivant les nécessités du hasard et le voisinage des soleils chauffant le monde » dans un XIXè siècle dépourvu de tendresse, que sa générosité conduira à mourir ruiné, n’explique pas à elle seule l’implacable destruction de la vie deJeanne. Force est de constater pourtant qu’il a, en toute bonne foi, aidé le loup à entrer dans la bergerie. Avant le mariage, il dit de Julien : « il sera pour nous comme un fils ».

Les mièvreries de la baronne, qui trouve ce dernier « très comme il faut », qui refuse d’être explicite dans le domaine de l’éducation sexuelle, sont un facteur aggravant.

Sans doute plus lourde deconséquences, la réclusion conventuelle, qui interdit aux jeunes filles de faire l’expérience de la vie : pendant cinq années, Jeanne a été « sévèrement enfermée, cloîtrée, ignorée et ignorante des choses humaines ».

Ces aspects permettent au romancier une satire de ceux qui croient au progrès et de ceux qui s’enferment dans les conventions sociales. Mais l’ingénuité de Jeanne n’explique pas tous seséchecs, loin de là.

B/ L’évolution historique
Les Briseville, rencontrés en 1819, symbolisent la déliquescence de l’aristocratie rurale. Vingt-cinq ans plus tard, Paul cherche à créer une compagnie de paquebots. Entre les deux : RIEN ! Rien sur la révolution de 1830, rien sur la révolution de 1848. Maupassant peint une société cloisonnée et égoïste, un monde qui se défait. Les hobereaux normandsvivent selon des normes qui n’ont plus cours. Les paysans sont mal éduqués, grossiers. Cette vie de province a sans doute évidé un peu plus la vie de la jeune fille, mais le sort de Jeanne eût-il été meilleur à Paris?

C/ L’hypocrisie des mœurs
Elle recouvre tout le XIXè siècle (adultère, , prostitution, pratique religieuse …). Ce fiasco éthique explique-t-il celui de Jeanne ?

L’amour...
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