Max weber

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  • Publié le : 14 mai 2010
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WEBER
Le savant et le politique (1919) Max Weber, Le savant et le politique, Paris, Bibliothèques 10/18, 2000, 223 pages, ISBN : 2-264-02535-2.

I. Le métier et la vocation de savant.
A) Un hasard aveugle : Les grands instituts de science sont devenus des entreprises du capitalisme d’Etat. Certes cela amène des avantages techniques mais il y a maintenant une grande différence entre le chef decette grande entreprise et le vieux style du professeur titulaire, et l’on voit apparaître comme partout ailleurs où s’implante une entreprise capitaliste, son phénomène spécifique qui aboutit à « couper le travailleur des moyens de production ». Une chose cependant n’a pas changé c’est l’importance due au hasard. Beaucoup de médiocres jouent un rôle considérable dans l’université. La raison s’entrouve dans les lois même de l’action concertée des hommes. Ce qui en devient étonnant c’est surtout le nombre considérable de nominations qui sont justifiées. Il faut posséder des qualités de savant et de professeur, deux choses qui vont rarement ensemble. La qualité du savant est impondérable. L’éducation scientifique est une affaire d’aristocratie spirituelle. La tâche pédagogique décisiveconsiste à exposer les problèmes scientifiques de telle manière qu’un esprit non préparé puisse les comprendre et se faire une opinion propre. B) La science et l’inspiration : La science est parvenue à un stade de spécialisation jamais atteint auparavant. De nos jours une œuvre importante est toujours une œuvre de spécialiste. On ne force pas l’inspiration. Il faut que l’idée exacte vienne à l’espritdu travailleur sinon il ne sera jamais capable de produire quelque chose de valable. Or elle ne vient souvent qu’après un travail acharné. Dans les sciences, l’intuition est aussi importante que dans l’action pratique et dans l’art. Le processus psychologique est le même. Les intuitions scientifiques dépendent de « dons » qui nous sont cachés. Cela entraîne deux idoles : la « personnalité » et l’« expérience vécue » (p.85). Elles ont entre elles des liens étroits. Les « expériences vécues » sont ce que nous cherchons tous avec ferveur à nous fabriquer, persuadé que cela constitue une attitude digne d’une personnalité, en cas d’échec on se donne au moins l’air de posséder cette grâce. Mais la véritable « personnalité » est exprimée par celui qui met tout son cœur à l’ouvrage et rien qu’acela, il s élève ainsi à la hauteur et à la dignité de la cause qu il veut servir. Le problème se pose de la même manière pour l’artiste, mais si le travail scientifique est solidaire d’un progrès, dans le domaine de l’art au contraire il n’en existe pas, du moins en ces termes. C) Le désenchantement du monde : En pratique, la rationalisation intellectualiste que nous devons à la science nesignifie pas que nous avons une connaissance générale croissante des conditions dans les quelles nous vivons. Simplement nous croyons qu’à chaque instant « nous pourrions, pourvu seulement que nous le voulions, nous prouver qu’il n’existe en principe aucune puissance mystérieuse et imprévisible qui interfère dans le cours de la vie ; bref que nous pouvons maîtriser toute chose par la prévision.» (p.90).Cela revient à « désenchanter le monde ». L’intellectualisation signifie ce recours à la technique et à la prévision, à la différence du monde enchanté du sauvage qui croit en l’existence de puissances qu’il peut maîtriser par des moyens magiques. Ce processus de désenchantement a-t-il un sens qui dépasse la pure pratique et la pure technique ? Tolstoï nous dit que pour l’homme civilisé la mortn’a pas de sens. En effet plongée dans le progrès (donc dans l’infini) la vie individuelle du civilisé ne semble plus avoir de fin. Avant les hommes pouvaient se dire satisfaits de leur vie parce qu’ils étaient installés dans un cycle organique, à leur mort, elle leur avait apporté tout le sens qu’elle 1

pouvait leur offrir. L’homme civilisé placé dans une civilisation qui s’enrichit...
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