Maximes de la rochefoucauld

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LA ROCHEFOUCAULD

MAXIMES

Biblio. -SLZ-Weimar - (c) Fabien OLIVRY

Nos vertus ne sont, le plus souvent, que des vices déguisés.

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Ce que nous prenons pour des vertus n'est souvent qu'un assemblage de diverses actions et de divers intérêts, que la fortune ou notre industrie savent arranger; et ce n'est pas toujours par valeur et par chasteté que les hommes sont vaillants, etque les femmes sont chastes.

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L'amour-propre est le plus grand de tous les flatteurs.

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Quelque découverte que l'on ait faite dans le pays de l'amour-propre, il y reste encore bien des terres inconnues.

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L'amour-propre est plus habile que le plus habile homme du monde.

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La durée de nos passions ne dépend pas plus de nous que ladurée de notre vie.

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La passion fait souvent un fou du plus habile homme, et rend souvent les plus sots habiles.

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Ces grandes et éclatantes actions qui éblouissent les yeux sont représentées par les politiques comme les effets des grands desseins, au lieu que ce sont d'ordinaire les effets de l'humeur et des passions Ainsi la guerre d'Auguste et d'Antoine, qu'onrapporte à l'ambition qu'ils avaient de se rendre maîtres du monde, n'était peut-être qu'un effet de jalousie.

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Les passions sont les seuls orateurs qui persuadent toujours. Elles sont comme un art de la nature dont les règles sont infaillibles; et l'homme le plus simple qui a de la passion persuade mieux que le plus éloquent qui n'en a point.

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Les passions ont uneinjustice et un propre intérêt qui fait qu'il est dangereux de les suivre, et qu'on s'en doit défier lors même qu'elles paraissent les plus raisonnables.

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Il y a dans le cœur humain une génération perpétuelle de passions, en sorte que la ruine de l'une est presque toujours l'établissement d'une autre.

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Les passions en engendrent souvent qui leur sont contraires.L'avarice produit quelquefois la prodigalité, et la prodigalité l'avarice; on est souvent ferme par faiblesse, et audacieux par timidité.

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Quelque soin que l'on prenne de couvrir ses passions par des apparences de piété et d'honneur, elles paraissent toujours au travers de ces voiles.

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Notre amour-propre souffre plus impatiemment la condamnation de nos goûts quede nos opinions.

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Les hommes ne sont pas seulement sujets à perdre le souvenir des bienfaits et des injures; ils haïssent même ceux qui les ont obligés, et cessent de haïr ceux qui leur ont fait des outrages. L'application à récompenser le bien, et à se venger du mal, leur paraît une servitude à laquelle ils ont peine de se soumettre.

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La clémence des princesn'est souvent qu'une politique pour gagner l'affection des peuples.

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Cette clémence dont on fait une vertu se pratique tantôt par vanité, quelquefois par paresse, souvent par crainte, et presque toujours par tous les trois ensemble.

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La modération des personnes heureuses vient du calme que la bonne fortune donne à leur humeur.

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La modération estune crainte de tomber dans l'envie et dans le mépris que méritent ceux qui s'enivrent de leur bonheur; c'est une vaine ostentation de la force de notre esprit; et enfin la modération des hommes dans leur plus haute élévation est un désir de paraître plus grands que leur fortune.

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Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d'autrui.

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La constance dessages n'est que l'art de renfermer leur agitation dans le cœur.

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Ceux qu'on condamne au supplice affectent quelquefois une constance et un mépris de la mort qui n'est en effet que la crainte de l'envisager. De sorte qu'on peut dire que cette constance et ce mépris sont à leur esprit ce que le bandeau est à leurs yeux.

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La philosophie triomphe aisément des...
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