Medee

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  • Publié le : 25 novembre 2011
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Médée est une des grandes figures mythiques maintes fois traduites en littérature.

Elle est considérée comme l’une des créatures féminines les plus noires de la mythologie antique. Elle appartient au petit nombre des grandes criminelles de la mythologie grecque.

Au cours des siècles, le mythe de Médée a attiré de nombreux écrivains et dramaturges : Euripide[1], Sénèque[2], Corneille,Anouilh, Pasolini et Max Rouquette qui écrivait en langue d’OC.

Chez tous ces auteurs, Médée est une femme outragée, blessée et infanticide. Elle pleure sa souffrance car elle est seule, abandonnée par Jason, son époux infidèle. Pour arriver à trouver une solution à son désarroi amoureux, elle choisit la vengeance. Elle pense annuler ses douleurs, son mariage, la naissance de ses enfants et sarépudiation de Corinthe par des crimes ignobles.

Chaque écrivain a retranscrit le mythe de cette mère infanticide selon son époque, sa perception personnelle, sa sensibilité[3].

Ce sont pour la plupart des pièces de théâtre, sauf bien sûr Pasolini qui en a fait un film.

On peut dire que c’est au cours des XIXème et XXème siècles que le mythe de Médée a fait l’objet du plus grand nombre deréécritures.

Nous remarquerons au travers de la Médée de Rouquette, écrite en 1989, que les auteurs contemporains, contrairement à leurs prédécesseurs, réhabilitent la « figure » de Médée.

Elle n’est plus la Médée terrifiante et détentrice de la mort et du chaos mais plutôt une victime dont le pouvoir destructeur est l’expression d’une contre-violence.

L’injustice et l’abandon dont Médée estl’objet de la part de Jason qui la répudie est bien là, une circonstance atténuante. Elle devient humaine et n’est plus seulement la magicienne et l’infanticide, même si ses actes continuent de hanter les esprits.

Nous avons choisi de traiter des « Médée » de Corneille et de Max Rouquette.

Cette dernière bien que moins connue par les lecteurs demeure sans aucun doute une des versions les plusintéressantes du mythe de Médée dans la littérature.

Pierre Corneille choisit l’histoire de Médée et de Jason pour écrire sa première tragédie en1635.

A cette époque, la France redécouvre la tragédie antique et de nombreuses pièces qui s’en inspirent, sont publiées.

La mode est aux tragédies d’horreur.

Corneille a été plus influencé par la Médée de Sénèque que par celle d’Euripide.Les pièces de Sénèque, seules tragédies latines qui nous soient parvenues complètes, se caractérisent par le goût prononcé pour le spectaculaire. Les crimes sont représentés le plus souvent sous les yeux des spectateurs, afin de montrer la violence, ce qui les différencient des tragédies grecques.

En effet, on peut dire que l’esprit de vengeance n’est pas le trait essentiel du caractère de laMédée d’Euripide, elle est excessive dans toutes ses passions, dans son amour pour Jason comme dans sa haine après sa répudiation. Sa décision de vengeance intervient tard, après un long conflit intérieur, comme le seul moyen qui lui reste pour survivre.

Par contre la Médée de Sénèque s’abandonne dès les premières scènes à la passion de vengeance, qui se caractérise par une rage effrénée.Dans les tragédies de Sénèque, à la suite d’un événement terrible, le personnage éprouve une violente douleur (dolor) qui est progressivement exacerbée pour devenir fureur (furor)et qui se termine par un crime inouï (scelus nefas) qui exclut le personnage de l’humanité. La tragédie romaine permet au public de voir le spectacle de la transformation d’un homme en monstre.

La complexité dupersonnage de Médée choque par ses forfaits mais ses crimes suscitent des questions quant à leurs mobiles et on verra que sans les excuser, Rouquette mais déjà Corneille trouvaient des circonstances atténuantes aux actions de Médée[4].

Avant d’être une mère infanticide et une barbare régicide, Médée est d’abord, une magicienne, une princesse, une descendante du soleil, petite-fille d’Hélios et...
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