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  • Publié le : 29 juin 2010
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Les origines du blocus

Les origines du blocus remontent aux négociations entreprises par les Alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour régler le sort de l’Allemagne nazie.

Le sort de l’Allemagne et de Berlin après la guerre
Alors que la défaite allemande devient possible, les gouvernements du Royaume-Uni, des États-Unis et de l’Union soviétique se retrouvent à Londres etcommencent à discuter du sort de l’Allemagne vaincue. Ils signent le protocole de Londres le 12 septembre 1944 qui stipule : « L’Allemagne, à l’intérieur de ses frontières telles que celles-ci existaient au 31 décembre 1937, sera divisée pour les besoins de l’occupation en trois zones, une de ces zones étant attribuée à chacune des trois puissances, et en une zone spéciale pour Berlin qui sera occupéeconjointement par les trois Puissances »2. Berlin est lui aussi divisé en trois secteurs d’occupation. Lors de la conférence de Yalta (4-11 février 1945) sur la côte de Crimée, en Ukraine, Winston Churchill, Franklin Roosevelt et Joseph Staline, reprennent les accords de Londres concernant l’Allemagne avec une possibilité pour la France de participer au « partage », en constituant une zone issue deszones britannique et américaine. L’objectif est d’« anéantir le militarisme et le nazisme allemands et de faire en sorte que l’Allemagne ne puisse plus jamais troubler la paix mondiale »3.
Quand la Seconde Guerre mondiale prend fin en Europe le 8 mai 1945, les troupes soviétiques et leurs alliés occidentaux prennent position dans les zones prévues par les accords. Berlin situé en pleine zonesoviétique est, conformément aux accords, divisé en quatre secteurs d’occupation avec une direction quadripartite. Du 17 juillet au 2 août 1945, la conférence de Potsdam esquisse l’après-guerre, alors que les premières tensions se font déjà sentir. En effet, les forces soviétiques, arrivées les premières à Berlin, commencent à démonter des usines et à piller la zone qui leur a été attribuée alorsqu’aucun accord n’a été conclu sur les réparations de guerre dues par l’Allemagne et leurs modalités de recouvrement4. Harry Truman, le nouveau président des États-Unis, Joseph Staline et Winston Churchill, remplacé en cours de conférence par le nouveau Premier ministre du Royaume-Uni Clement Attlee, décident que chaque puissance occupante est libre de prélever des réparations de guerre dans sa proprezone, à condition que l’économie allemande puisse subsister. Il est de plus prévu le démantèlement de l’industrie lourde allemande. Les Alliés prévoient de se dessaisir de leurs pouvoirs au fur à mesure des manifestations de confiance des Allemands5. En novembre 1945, un accord permet le libre survol de la zone soviétique dans des couloirs aériens pour relier les zones française, anglaise etaméricaine d’Allemagne à leur secteur d’occupation respectif dans Berlin6.

La mésentente des Alliés
Contrairement aux accords conclus, qui proclament la liberté pour chaque nation de choisir son régime politique, Moscou entend imposer le communisme et créer ainsi une zone d’influence, qui aura l’avantage d’apporter une protection supplémentaire au territoire soviétique, et de le protéger d’envahisseurspotentiels venus de l’Ouest. Le premier à mettre en garde le « monde libre » contre la menace que constitue l’expansion soviétique est Winston Churchill dans son célèbre discours de Fulton prononcé aux États-Unis en mars 1946 quand il dénonce le « rideau de fer »7. George Kennan, numéro deux de l’ambassade américaine à Moscou, envoie en février 1946 un message connu sous le nom « Longtélégramme » et publié en juillet 1947 dans la revue Foreign Affairs. Il alerte Washington sur la nature totalitaire du régime stalinien et sa propension à sans cesse trouver un nouvel ennemi pour se justifier, mettant ainsi en danger la liberté des peuples8. Il conseille un durcissement de la politique américaine à son égard.
Les Soviétiques réagissent en la personne de Nikolaï Novikov, ambassadeur...
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