Melanie klein cas de peter

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 6 (1337 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 5 avril 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Melanie klein
Peter, ou la peur du châtiment
Dans une communication faite il y a quelques années devant la Société analytique de Berlin, j’ai relevé une analogie entre certains crimes horribles qui venaient d’avoir lieu, et les fantasmes correspondants qui m’étaient apparus dans l’analyse de plusieurs jeunes enfants. Un de ces crimes combinait en fait la perversion et l’assassinat. Procédantavec beaucoup d’adresse, de telle sorte qu’on mit fort longtemps à le découvrir, le criminel en question, qui s’appelait Harmann, put agir de la manière suivante avec un grand nombre de personnes : il se liait avec des jeunes gens dont il se servait d’abord pour satisfaire ses tendances homosexuelles, puis il leur coupait la tête, brûlait diverses parties de leur corps ou en disposait d’une façon oud’une autre, et vendait ensuite leurs vêtements.
Un autre cas horrible était celui d’un homme qui tuait des gens et se servait de leurs corps pour faire des saucisses. Les fantasmes infantiles auxquels je faisais allusion ci-dessus ressemblaient à ces crimes dans tous leurs détails. Les victimes étaient, par exemple, le père et le frère d’un petit garçon de presque cinq ans, auxquels l’enfantétait lié par une très forte fixation sexuelle. Après avoir représenté la masturbation mutuelle et les autres actions dont il avait le désir, il coupa la tête de la petite poupée et vendit le corps à un boucher imaginaire qui devait le revendre comme nourriture. Il garda la tête qu’il voulait manger lui-même, trouvant que c’était le morceau le plus appétissant. Comme le criminel, il s’appropria lesbiens de sa victime. J’étudierai ce cas de plus près, car je pense qu’il est plus éclairant de donner des détails sur un seul cas que d’énumérer plusieurs exemples.
Quand il vint chez moi pour être analyser, ce petit garçon, Peter, était un enfant plein d’inhibitions, extrêmement craintif, très difficile à élever, complètement incapable de jouer; il ne savait rien faire de ses jouets que lescasser. Son inhibition à l’égard du jeu, aussi bien que son angoisse, étaient intimement liées à ses fixations sadiques-orales et sadiques-anales. Les fantasmes étant les véritables moteurs du jeu, il ne pouvait pas jouer, car ses fantasmes, très cruels, devaient rester refoulés. Craignant ce qu’il éprouvait inconsciemment le désir de faire, il s’attendait toujours qu’on lui infligeât les mêmestraitements. Les envies sadiques liées au désir qu’il éprouvait pour sa mère le poussèrent à s’éloigner d’elle, et à établir avec elle d’assez mauvaises relations.
Sa libido s’orienta vers son père, mais comme il avait également très peur de lui, la seule relation véritable qu’il put maintenir était celle qui le liait à son petit frère. Cette relation était évidemment très ambivalente, elle aussi. Lamanière dont cet enfant attendait toujours une punition apparaît clairement dans l’exemple suivant: il jouait un jour avec de petites poupées qui les représentaient, lui et son petit frère; ils s’attendent à être punis par leur mère pour n’avoir pas été sages; elle vient, les trouve sales, les punit et s’en va. Les deux enfants recommencent à faire ce qu’ils avaient fait de sale, sont punis denouveau, et ainsi de suite. Finalement, leur peur de la punition est si forte que les deux enfants décident de tuer la mère : Peter exécute une petite poupée. Ils découpent alors le corps et le mangent.
Le père vient en aide à la mère; il est tué, lui aussi, avec beaucoup de cruauté; ensuite les enfants le découpent et le mangent. A présent, les deux enfants semblent heureux. Ils peuvent faire cequ’ils veulent. Mais bientôt, le petit garçon manifeste une grande angoisse : il apparaît que les parents tués sont de nouveau vivants et qu’ils reviennent. Dès qu’il avait montré son anxiété, l’enfant avait caché les deux poupées sous le divan pour que les parents ne puissent pas les trouver.
اAlors eut lieu ce qu’il appelait leur « éducation ». Le père et la mère trouvent les deux poupées, le...
tracking img