Memnon, voltaire

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  • Publié le : 25 août 2010
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MEMNON OU LA SAGESSE HUMAINE

Memnon ou la sagesse humaine (1748) appartient à Voltaire, écrivain et philosophe symbole des Lumières. Il était engagé contre l’injustice et l’intolérance sociale, politique ou religieuse. Voltaire est l’auteur de nombreux contes philosophiques entre eux ce texte objet d’étude où il nous invite à faire une réflexion sur la sagesse humaine. Memnon répond à lamaxime du XVIIIe siècle : plaire et instruire. Ce conte a donc un côté plaisant et un autre didactique.

Le conte philosophique est un récit imaginaire, une histoire fictive qui s’inspire dans la structure du conte avec le but d’aborder une critique social avec une morale finale au même temps que le texte reste plaisant et compréhensible. Ce genre a été utilisé notamment par les philosophes desLumières puisqu’ils s’en servaient pour défendre leurs idées. Le conte devient un moyen plaisant pour faire réfléchir le lecteur en liant la fiction et les morales philosophiques des Lumières.

Ce texte hérite la structure du conte merveilleux qui présente plaisir et simplicité avec un schéma facile et un rythme vif où les actions s’enchaînent rapidement avec la juxtaposition fréquente de verbes ; cequi donne un caractère dynamique au récit et contribue à l’aspect plaisant du conte. On remarque la structure du conte dès la première ligne où on trouve l’expression « un jour » typique des contes où le cadre temporel est peu décrit.

L’action se déroule dans un pays du Moyen-Orient : « Ninive », ce qui répond au goût du XVIIIe siècle pour l’exotisme et d’autre part permet un regard objectif etune critique de la société française plus facile si elle provient d’un autre pays éloigné, comme Montesquieu a fait dans les Lettres Persanes pour mieux dénoncer ce qu’il critique.

Le côté plaisant du texte est renforcé par l’apparition en songe de l’esprit céleste qui permet à Voltaire de placer la conclusion du conte et le message dans le registre du merveilleux. Il fait dialoguer lavictime terrestre, Memnon avec son ange gardien, habitant d’un autre monde.

Voltaire porte un regard satirique et ironique sur le protagoniste qui « a conçut le projet insensé d’être parfaitement sage ». À travers la satire l’auteur a comme objectif une critique moqueuse du protagoniste pour ridiculiser ses idées et comportements et donc que le lecteur prenne conscience de l’imperfection humaine.Memnon montre sa confiance en soi avec des expressions comme « rien n’est plus aisé », « je n’ai que », « assurément », « si facile qu’il n’y a aucun mérite à y parvenir », « très aisé » et « sans difficulté ». L’ironie de Voltaire vient avec le contraste de tous ces termes et la vitesse avec laquelle Memnon tombe dans le piège d’une femme. Cette ironie on la remarque d’autre part avec l’inclusionde l’auteur « il était bien sûr de ne pas sentir une telle faiblesse » parce que si Memnon est si confiante en soi-même l’auteur et le lecteur se rendent compte qu’il va succomber à la tentation de la femme aussi par les expressions « consoler avec sagesse », « examiner sagement ses affaires » où le lecteur peut imaginer ce qui va se passer.

Après l’aspect plaisant du texte, Voltaire nous inviteà une réflexion philosophique sur la sagesse comme condition pour réussir le bonheur. Il nous présente Memnon comme un homme qui veut être « parfaitement sage » mais ce projet est décrit comme « insensé » et une « folie » dès le début du récit ce qui nous donne les indices pour prévoir ses mésaventures. La sagesse désigne le savoir et la vertu d’un être qui est en accord avec ses passions. Elleéquivaut à l’usage de la raison, notion proche de l’esprit critique des philosophes des Lumières, et une lutte contre le mal. Derrière la sagesse Memnon pense trouver le bonheur : « pour être très sage et par conséquent très heureux ».

Pour réussir son but, il va annuler ses passions : les femmes, les excès et la fortune. Voltaire va montrer qu’en se privant des plaisirs, Memnon se trompe...
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