Methodologie qualitatives en sciences sociales

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  • Publié le : 9 novembre 2009
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1. Etablissez quelle est la problématique de l’auteure dans ce texte.
Quelle(s) hypothèses interprétant la pratique de la sorcellerie émet-elle ?

Jeanne Favret-Saada veut étudier les pratiques de sorcelleries paysannes dans le bocage normand et aborde le phénomène en voulant mettre à jour « ce qu’ils (les paysans) cherchent à mettre en forme à l’occasion d’unecrise de sorcellerie »[1].
Les travaux scientifiques ou non qui s’étaient fait jusque là en étaient arrivé à la conclusion que la sorcellerie est inconnaissable et que ceux qui la pratiquait était « crédules », « arriérés » et « imperméable à la causalité ».
Jeanne Favret-Saada s’oriente à l’opposé de ces théories là et suppose, d’une part, que les paysans du Bocage ne sont ni « crédules », ni« arriérés » et qu’ils peuvent manipuler les relations de causalité et, d’autre part, que la sorcellerie est connaissable en écrivant : «  la sorcellerie, est-ce inconnaissable, ou est-ce que ceux qui le prétendent ont besoin de n’en rien savoir pour soutenir leur propre cohérence intellectuelle ? » [2]

2. A travers ce texte, quelle sont les règles de la pratique ethnographique qui sontrappelées, et comment et pourquoi l’auteure les enfreint-elle ?

Au fil des entretiens ethnographiques et de son enquête sur le terrain, l’auteure se rend compte qu’ « on ne peut étudier la sorcellerie sans accepter d’être inclus dans les situations ou elle se manifeste et le discours qui l’exprime ».[3]
Comme le voudraient les règles de la pratique ethnographie, on ne peut, tout d’abord, vérifieraucune affirmation parce qu’en sorcellerie il n’y a pas de position neutre de la parole et qu’on ne peut interroger plusieurs parties pour confronter toutes les versions.
En effet, en sorcellerie, parler c’est agir. Alors que pour l’ethnographie la parole à une fonction d’information et permet de savoir, dans les pratiques de la sorcellerie, elle a un pouvoir.
L’auteur e décrit la crise desorcellerie : Une parole prononcée par un sorcier et qui prend effet sur le corps et les biens de celui qu’il ensorcelle. Le désenvouteur vient faire écran entre l’émetteur et le récepteur de cette parole, la prend sur lui et la retourne à son émetteur initial. Le rituel de désenvoutement ne se soutient que d’une parole et de celui qui la dit. C’est donc une parole et seulement une parole qui dénoue lesort.
La seule fonction d’information de la parole en sorcellerie c’est quand l’envoûté informe le désenvouteur de ce qu’il lui arrive pour qu’il délie le sort.
Face à un ethnographe qui est sensé croire aux versions officielles et scientifiques du malheur, les paysans on un discours mensonger car soit ils vont rester vagues sur le sujet, soit ils déclareront qu’ils ne croient pas non plus àla sorcellerie et aux sorts.

Il est donc complètement inconcevable d’informer quelqu’un qui veut « juste » savoir pour savoir car pour eux celui qui sait est dangereux. Si quelqu’un parle de sorcellerie et l’ethnographe comme tout le monde c’est pour utiliser ce pouvoir ou parce qu’on est atteint par celui-ci. Plus on en sait plus on est menacé ou menaçant magiquement.

Il n’y a donc pas deplace pour un observateur non engagé et Jeanne Favret-Saada a compris « l’absurdité qu’il y aurait à continuer à revendiquer une neutralité qui n’est admissible, ni même crédible, pour personne »[4] si elle voulait mener à bien son étude.

3. Qu’est-ce que la subjectivation qu’elle évoque dans son texte ?

« De tous les pièges qui menacent notre travail, il en est deux dont nous avionsappris à nous méfier comme de la peste : accepter de participer au discours indigène, succomber aux tentations de la subjectivité. Non seulement il m'a été impossible de les éviter, mais c'est par leur moyen que j'ai élaboré l'essentiel de mon ethnographie » écrit l’auteure. En effet, pour pouvoir étudier la sorcellerie où la parole est « un acte » elle n’a pas eu d’autre choix.

Elle arrive...
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