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TFD 78/Mars 2005
Dossier
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Suite aux expériences pionnières de la Grameen
Bank au Bangladesh et de la Banco Sol en Bolivie, la
microfinance s’est étendue à travers le monde et
toucherait aujourd’hui quelque 80 millions de
personnes. Ce développement très rapide a été fortement
encouragé et soutenu par les grandes organisations
internationales et les agences de coopération multi etbilatérales. Leur soutien s’est notamment traduit par
le lancement, en février 1997, d’une campagne mondiale
visant à aider, par le micro-crédit, 100 millions de
familles parmi les plus pauvres à l’horizon 2005. Un
an plus tard, en 1998, l’Assemblée Générale des
Nations Unies a proclamé 2005 année internationale
du micro-crédit, afin de saluer la contribution du
micro-crédit à l’allègement dela pauvreté. Plus
récemment, en 2004, un certain nombre de chefs
d’Etat et de gouvernement des pays du Sud se sont
engagés à soutenir les institutions de microfinance
(IMF) et à faciliter leur insertion dans les circuits
financiers classiques lors du Xe sommet de la Francophonie
d’Ouagadougou. Après vingt ans de structuration
et d’institutionnalisation, la microfinance apparaît
ainsicomme l’un des outils privilégiés de la lutte
contre la pauvreté.
Cet engouement quasi généralisé pour la microfinance
contraste toutefois avec l’état parcellaire des
connaissances sur son efficacité en matière de lutte
contre la pauvreté. Dans une publication récente
consacrée à la microfinance 1, on peut ainsi lire :
“MFI field operations have far surpassed the
research capacity to analyzethem, so excitement
about the use of microfinance for poverty alleviation
is not backed up with sound facts derived from rigorous
research. Given the current state of knowledge, it is
difficult to allocate confidently public resources to
micro-finance development” 2. Cet état de fait tient à
un manque de données fiables d’une part, et à la
difficulté à mesurer de façon rigoureuse l’impactd’un projet de microfinance sur la pauvreté d’autre
part. Une évaluation consistant par exemple à
observer l’évolution des revenus d’un groupe
d’emprunteurs et à regarder la proportion de ceux
qui franchissent le seuil de pauvreté ne renseigne en
rien sur l’impact du projet. Pour qu’il en soit autrement,
l’évaluateur a besoin d’un contrefactuel, i.e. d’une
Résumé
Cet article propose unpassage en revue de la littérature récente consacrée à l’impact de la microfinance sur
la pauvreté. En se limitant pour l’essentiel aux études de cas employant une méthodologie quasi-expérimentale,
il propose une synthèse des réponses apportées aux interrogations suivantes : (1) La microfinance atteint-elle
les plus pauvres ? (2) La microfinance contribue-t-elle à faire sortir durablement lespopulations de la
pauvreté ? (3) Quel est le rapport coût-efficacité de la microfinance comparé à celui d’autres interventions en
matière de lutte contre la pauvreté ?
La microfinance est-elle un outil de
réduction de la pauvreté ?
Etat de la recherche
Flore GUBERT • Economiste, DIAL, Institut de Recherche pour le Développement
1. Zeller M. et R.L. Meyer (sous la direction de) (2003),
TheTriangle of Microfinance: Financial Sustainability,
Outreach and Impact, John Hopkins University Press,
Baltimore, 424 p.
2. «Les opérations de terrain des IMF ont largement
surpassé les capacités de la recherche à les analyser, et de ce
fait, l’enthousiasme généré par l’utilisation de la microfinance
pour l’allègement de la pauvreté ne repose sur aucun fait
tangible émanant d’unerecherche rigoureuse. Etant donné
l’état actuel des connaissances, il est difficile d’allouer en
toute confiance des ressources publiques au développement de
la microfinance ».
LES IMF SONT-ELLES UN FACTEUR DE CROISSANCE ÉCONOMIQUE,
D’INTÉGRATION SOCIALE ET/OU DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ?
Brochure 78 13/05/05 9:10 Page 52
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estimation de ce que serait le niveau de revenu de...
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