Mines français 08

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CONCOURS COMMUN 2008
DES ÉCOLES DES MINES D’ALBI, ALÈS, DOUAI, NANTES

Épreuve de Français
(toutes filières)

Mardi 20 mai 2008 de 14h00 à 18h00

Instructions générales : Les candidats doivent vérifier que le sujet comprend 4 pages numérotées 1/4, 2/4, 3/4, 4/4. Les candidats sont invités à porter une attention particulière à la rédaction : les copies illisibles ou mal présentées serontpénalisées. Les candidats colleront sur leur première feuille de composition l’étiquette à code à barres correspondant à l’épreuve commune de Français.

Instructions spécifiques à l'épreuve de Français L'épreuve de Français est corrigée avec un barème sur 60 points : contraction sur 20 points et dissertation sur 40 points.

Pour l’ensemble de l’épreuve, l’évaluation prendra en compte laprésentation, la correction de la langue, l’orthographe et la ponctuation.

CONCOURS COMMUN SUP 2008 DES ÉCOLES DES MINES D'ALBI, ALÈS, DOUAI, NANTES Épreuve de Français (toutes filières) Page 1/4

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« Figurons-nous un observatoire où l’on note les apparitions de comètes, de bolides, les pluies d'étoiles filantes, les aurores boréales, bref les phénomènesdont la succession n'a pu être soumise jusqu'ici à aucune loi théorique, et à côté un autre observatoire où l'on s'applique assidûment à noter les passages des astres au méridien, les éclipses, les occultations d'étoiles, phénomènes prédits dans les tables, afin de corriger les petites erreurs que ces tables comportent encore : les registres de l'un et de l'autre observatoire seront des archives oudes documents historiques, si l'on prend le mot lato sensu1, mais non dans le sens ordinaire. Dans la première catégorie les phénomènes observés s'enchaînent trop peu, se succèdent trop irrégulièrement, trop indépendamment les uns des autres ; et dans la seconde, les phénomènes s'enchaînent trop étroitement, sont trop attendus pour composer une histoire, comme nous l'entendons ordinairement. Ilfaut donc que dans l'histoire ainsi entendue il y ait une part faite au hasard, et que tout n'y paraisse pas livré au hasard. On imprimerait les registres de la défunte loterie qu'on n'en ferait pas une histoire, parce que chaque coup y est indépendant des coups qui précèdent et sans influence sur les coups suivants, sinon en ce que quelque coup heureux provoque une recrudescence de mises. Au jeude trictrac, au contraire, chaque coup a une influence qui s'étend plus ou moins sur les coups suivants, en raison de leur degré de proximité : influence qui peut aller jusqu'à perdre sans ressource l'un des joueurs, ou qui lui laisse encore l'espoir de ramener par un jeu serré, par un dé favorable l'avantage qu'un dé contraire lui a fait perdre. Aussi, n'était la futilité des intérêts ou desamourspropres mis en jeu, pourrait-on écrire l'histoire d'une partie de trictrac, laquelle aurait comme telle guerre fameuse ses vicissitudes, ses crises et son dénouement. Des chroniques du genre de celles que se chargeaient d'écrire les prêtres de l'antiquité ou les moines du Moyen Age, où l'on se plaisait à consigner les prodiges, les pluies de sang, les naissances de monstres, les pestes, lesfamines, justement à cause de la surprise causée par leur succession irrégulière, ne méritent pas le nom d'histoires. Je crois que par une raison contraire on en pourrait dire autant d'un journal de siège écrit par un ingénieur, et où seraient notés tous les progrès méthodiques de l'attaque, tous les reculs méthodiques de la défense, avec états de situation à l'appui : de sorte que l'homme du métier neserait pas en peine d'assigner très approximativement l'époque de la capitulation. L'histoire des sciences est fort propre à montrer l'avènement et le décours2 de la phase qui mérite surtout la qualification d'historique. Si le hasard n'entrait pour rien dans la succession des découvertes, si chaque pas que fait la science déterminait le pas qui doit suivre, l'histoire des sciences pourrait...