Mireille

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 8 (1767 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 5 février 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Je m’appelle Myriam Natanson, je suis née à Paris, le 21 juin 1929. Mes parents étaient Fanny Neidmann et Aron Natanson, venus de Roumanie en 1923. J’habitais au 9 de la rue des Feuillantines à Paris, tout près de la librairie que tenait mon père, au 19 de la rue Gay-Lussac. Ma mère était morte quand j’avais six ans, après une grave maladie. Mon père était seul pour élever mon frère, Jacques, etmoi. Cela était difficile car il devait nous cacher des soldats allemands. Je ne pouvais pas sortir beaucoup car si un soldat me voyait dans la rue ou où que se soit, il pouvait m’emmenait avec lui et je ne pourrais plus jamais revoir ma famille. Mon père avait une amie catholique, qui était aussi une cliente de la librairie, elle s’appelait Jeanne. Elle assurait mes loisirs, et c’est elle quim’avait conduit vers la conversion et le baptême. Je fus baptisée le 30 mai 1939 dans l’église du quartier, à Saint Séverin. J’avais à peine mes dix ans.
Trois mois après mon baptême, ce fut la drôle de guerre. « Drôle de guerre » car les Français attendaient les allemands derrière la ligne Maginot, réputée infranchissable. Donc les allemands attaquèrent par l’Europe du Nord, puis en mai 1940,l’Allemagne entra en France. Celle-ci demanda l’armistice le 17 juin 1940. Pendant ce mois de combat, il y eut beaucoup de morts, de blessés et de prisonniers de guerre. A partir de là, commença l’occupation allemande. Les territoires conquis par l’Allemagne pouvaient être annexés, c'est-à-dire qu’ils faisaient partis de l’Allemagne, comme la région de l’Alsace-Lorraine. Ils pouvaient être occupés,c'est-à-dire qu’ils étaient dirigés par les allemands où il y avait la présence de soldats, situés dans la zone nord et la zone atlantique. Je faisais parti de cette zone occupée. Ils pouvaient également être libres, avec un gouvernement autonome qui était totalement soumis à Hitler, le président de l’Allemagne. Ces territoires libres se situaient au sud et dans la France de Vichy. Il y avait entre lazone occupée et la zone libre, une ligne de démarcation. Pour pouvoir passer cette ligne, il fallait obligatoirement avoir un laisser passer, car elle était gardée par les allemands. Une grande majorité de la population a donc quitté le nord pour s’installer au sud. Mon frère faisait parti de ces personnes. Il était parti se réfugier à Toulouse. Mon père devait partir avec lui, sans moi, mais il nevoulait pas me laisser car j’étais encore petite. Quelques jours passèrent, Jeanne lui dit qu’il devait absolument quitter cette ville, ou sinon il pouvait à tout moment mourir. Je ne voulais pas me séparer de lui car je n’avais plus de mère et je l’aimais. Mais je lui ai dit :
« Papa, va-y ! Ne t’inquiète pas pour moi, je serai très bien avec Jeanne. »
Je lui ai donc fait un gros câlin et jelui ai dit à bientôt. Je ne voulais pas que mon pour meure. Mon père pleura, mais moi je me retenais, je luis fait un grand sourire pour qu’il se souvienne de mon sourire. Voilà qu’il se prépara pour partir, il ne put emmener grand-chose, ou sinon les gardes allaient le remarquer. Alors il mit plusieurs vêtements sur lui. Et emmena deux livres et une photo de la famille. J’habitai chez Jeanne,nous étions que toutes les deux. A l’école, j’étais une pensionnaire, une bonne élève, assez mûre et sérieuse. Jeanne me cachait dans l’internat catholique de province, pendant toute l’année scolaire. Je dormais dans une petite chambre. A l’école, personne ne savait que j’étais une juive. Jeanne cachait bien mon identité, elle faisait très attention pour que personne ne nous dénonce. En octobre 194,ce fut l’entrevue de Montoire, le début de la collaboration. Pétain collabora avec les allemands car il espérait des retombés positifs pour notre pays, la France. A partir de ce moment là, la politique anti-juif se durcit. Il promulgua un décret anti-juif similaire aux lois de Nuremberg. Jeanne me donna donc une nouvelle identité. Mon nouveau prénom fut Mireille.
En 1942, tous les juifs...
tracking img