Mme bovary commentaire: la mort d'emma

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  • Publié le : 15 juin 2011
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Madame Bovary

Flaubert

La mort d'Emma (extrait de la troisième partie, chapitre VIII)

De "Cependant elle n’était plus aussi pâle..." à "...Elle n’existait plus."

[pic][pic]Introduction :

Gustave Flaubert (1821-1880). Très influencé par Balzac. Flaubert est un travailleur acharné qui "accouche" de son œuvre dans la douleur, et témoigne d'un souci du détail et d'un stylede grande qualité.
Trois œuvres à connaître : L'éducation sentimentale, roman d'apprentissage, Salaambo, grande fresque épique du temps des guerres de Carthage contre Rome, et Madame Bovary.
- Madame Bovary fait scandale à sa sortie. L'œuvre subira un procès pour immoralité où le rôle du procureur est tenu par M. Pinard (qui, quelques années plus tard, prononcera un réquisitoire contre Les Fleursdu Mal de Charles Baudelaire). Flaubert sera relaxé.
- Cet extrait est le dénouement. Acculée par ses dettes, Emma s'est empoisonnée au cyanure. C'est une scène particulièrement intense, voire choquante.

I. Une scène de crise

Rappelons que d'un point de vue médical, un état critique est le moment où va se décider l'issue d'une maladie (guérison ou mort).

1. De l'espoir à la mortStructure générale du texte (les connecteurs rendent visible chaque partie) :
- Une rémission momentanée : « Cependant » (temporel et logique)
- Une lutte entre la vie et la mort : « Jusqu'au moment où », « Alors », « aussitôt »
- Le coup de grâce: « Tout à coup »

Le parcours d'Emma dans cette scène évolue de la « sérénité » à « l'épouvantement ».

2. Une description réaliste et convulsiveDescription particulièrement réaliste d'un ensemble de symptômes : « haleter », la « langue tout entière lui sortit hors de la bouche », des yeux qui « roulent », l'« accélération de ses côtes, secouées par un souffle furieux », « la prunelle fixe, béante ». Le texte s'achève sur une « convulsion ». La violence de la description de Flaubert naît d'une vision réaliste, corporelle, presque médicale,des symptômes de la mort approchant.

Accélération du rythme des phrases dans la seconde partie. Enchainement rapide des connecteurs (« jusqu'au moment où », « alors », « aussitôt ») et énumération du comportement des différents personnages : « Félicité s'agenouilla », « le pharmacien fléchit les jarrets », « M.Canivet », « Bournisien s'était remis en prière », « Charles était de l'autre côté,à genoux ».

La référence aux différentes parties du corps (« poitrine », « langue », « yeux ») suggère une perte de contrôle de celui-ci.

3. Une lutte entre l'âme et le corps

Présence constante du champ lexical du religieux: « sacrement », « prêtre », « Seigneur », « salut », « communion », « âme », « crucifix », « prière », « soutane », « ecclésiastique », « oraisons », « syllabeslatines ».

La mort gagne progressivement, entraînant une séparation des deux substances : la première partie suggère une reprise de conscience (Emma est sujet de la plupart des phrases), la seconde est le moment de la séparation « âme-corps » (« comme si l'âme eût fait des bonds pour se détacher », qui d'ailleurs conduit « à la croire déjà morte »), enfin Emma apparaît comme un « cadavre qu'ongalvanise » (la galvanisation consiste à activer un muscle en faisant passer une sorte de courant électrique, c'est donc un mouvement obtenu par une source extérieure au corps, artificiellement), et donc un corps sans âme.

Cette progression suggère ainsi qu'Emma est  morte avant même sa mort effective. On remarquera que l'instant de la mort n'est d'ailleurs pas indiqué : la phrase « Elle n'existaitplus » utilise une valeur assez rare de l'imparfait qui, ici, permet de faire une sorte d'ellipse : l'instant de la mort est comme enjambé, il est comme passé sans avoir été clairement aperçu, identifié.

II. Un dénouement tragique

1. Un personnage « maudit »

La phrase du prêtre, pour « rassurer » Charles, prend une tournure très sombre au regard de ce dénouement : « le Seigneur,...
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