Mme bovary la mort d'emma

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 6 (1342 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 30 mars 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
Madame Bovary, Chap VIII, partie 3 : « La mort d’Emma »

En 1857, Flaubert entreprend l’écriture de Madame Bovary, roman de m urs sur la société normande du XIX eme siecle. Elle s’avérera longue et difficile puisque Flaubert, à qui on a reproché trop de lyrisme dans son uvre précédente La Tentation de Saint Antoine, tente d’aller contre ses élans romantiques pour dépeindre cette société demanière réaliste. L’extrait étudié, qui décrit la mort d’Emma Bovary, en est un concentré.
En quoi cette scène s’oppose t elle au Romantisme ?
L’opposition ressort dans un premier temps de la mort elle-même puis d’Emma.

En premier lieu, la description, par sa dimension à la fois réaliste, religieuse et théâtrale met en exergue l’opposition de cette scène avec le Romantisme.

Tout d’abord,c’est par son aspect réaliste et concret que la mort est anti-romantique. Flaubert, fils de médecin, décrit l’agonie de façon presque médicale. Il détaille les différents membres de son anatomie : « langue… bouche… yeux… côtes ». Il compare ses yeux à des «  globes de lampe qui s’éteignent ». De même, l’auteur utilise d’autres comparaisons pour montrer le piteux état dans lequel Emma se trouve « elleallongea le cou comme quelqu’un qui a soif… comme quelqu’un qui se réveille d’un songe… comme un cadavre que l’on galvanise » . La périphrase « la moribonde » qui désigne Emma insiste sur con mal physique provoqué par l’arsenic, tout comme les adjectifs qualifiant l’héroïne « pâle… trop faible ». L’accumulation «  les cheveux dénoués, la prunelle fixe, béante » montre Emma à bout de souffle,agonisant peu à peu. Enfin, la négation « ne put fermer les doigts » témoigne de la force physique d’Emma qui diminue de plus en plus au fur et à mesure que se rapproche l’heure de sa mort.

De plus, cette scène mortuaire dégage également une dimension religieuse. Tout au long de l’extrait le lexique religieux est omni présent : « prêtre… crucifix… Misereatur et Undulgentiam… Jésus-Christ…miséricorde divine… exhortations… cierge bénit… ». En effet, par le bais du prêtre, dsigné par les périphrases « l’Homme Dieu » et « l’ecclésiastique », la religion entoure Emma lors de ses derniers souffles. Ce dernier tente d’accompagner Emma dans la mort en lui donnant des conseils spirituels comme le montre le complément circonstanciel de but : « pour lui dire qu’elle devait à présent joindre sessouffrances à celles de Jésus Christ et s’abandonner à la miséricorde divine ». En cela le prêtre d’apaiser l’esprit d’Emma pour qu’elle entre dans l’infini sereine. La comparaison « comme si le sacrement l’eût guéri » montre ce souhait.

Enfin, s’ajoute une dimension théâtrale. C’est principalement l’exagération qui est au service de l’aspect théâtral de la scène. La métaphore hyperbolique« secouées par un souffle furieux », tout comme la comparaison « comme si l’âme eût fait des bonds pour se détacher », vont dans le sens de l’exagération. Cette scène, tout comme au théâtre paraît sur jouée. De plus, Flaubert peint une sorte de tableau familial médiocre en montrant Charles aux côtés de son épouse par le verbe à l’imparfait à valeur descriptive « Charles était de l’autre côté ». On voit lesoutien désespéré que tente d’apporter Charles à Emma grâce à sa gestuelle « Il avait pris ses mains et il les serrait, tressaillant à chaque battement de son c ur ». Ce pathétique portrait familial est même accompagné d’une dimension auditive : « A mesure que le râle devenait plus fort, l’ecclésiastique précipitait ses oraisons ; elles se mêlaient aux sanglots étouffés de Bovary, et quelquefoistout semblait disparaître dans le sourd murmure des syllabes latines, qui tintaient comme un glas de cloche ». Cette longue phrase ponctuée imite, par ses propositions enchâssées, les bruits de la scène se mêlant entre eux. La comparaison finale évoque une cloche, qui pourrait être la cloche qui retentira pour annoncer les funérailles d’Emma. Ainsi la mort de l’héroïne devient de plus en...
tracking img