Mme de la fayette

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 9 (2122 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 11 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Madame de Lafayette – La Princesse de Clèves
Rien n’est plus incontestable dans la littérature française que le chef-d’œuvre paru en 1678 qu’est la Princesse de Clèves. Étudié au lycée ou en classes préparatoires littéraires, blâmé par le Président de la République ou vanté par les professeurs, le livre n’a jamais fait l’unanimité, mais ce roman historique marque le début de l’ère du romanmoderne. Premier roman d’apprentissage, premier roman d’analyse, La princesse de Clèves est une œuvre savamment façonnée par Madame de Lafayette. Les caractéristiques de l’esprit classique y règnent dans chacune des phrases écrites et travaillées avec soin, l’héroïne, la princesse de Clèves peut être comparée à la Phèdre de Racine, personnage tragique, déchirée entre la passion et la vertu, entrel’amour et la fidélité, ce roman n’est qu’un théâtre, le regard et la vision y sont omniprésents et nous sommes comme sur scène, jamais indifférents, en train d’admirer Madame de Clèves et son combat incessant contre elle-même.
L’histoire – tragique – est parsemée de moment clés célèbrissimes, qui ont fait l’objet de nombreuses études. En effet, à travers cette oeuvre clé, l’auteur a su meler à laperfection la vie mondaine de la cour d’Henri II à l’histoire fictive de cette princesse à la beauté et à la conduite  incontestables, tombée amoureuse malgré elle du plus bel homme de la cour, Monsieur de Nemours. La princesse de Clèves est un personnage en constante évolution psychologique et sentimentale, et elle acquiert à travers les pages, une maturité et une sagesse à travers lesquelles estenseignée une leçon de la bienséance de l’époque.
Il existe deux adaptations en film, la première, quasi fidèle au livre est La Princesse de Clèves de Jean Delannoy, avec Jean Marais et Marina Vladi, et la deuxième, transposée à notre époque dans une cour de lycée, sorti en 2008 : La Belle Personne de Christophe Honoré.
http://www.le-hangar.com/livres/la-princesse-de-cleves-madame-de-lafayette/
«Jamais cour n’a eu tant de belles personnes » : la phrase de Mme de La Fayette a servi de déclic à Christophe Honoré pour passer de la cour royale du XVIe siècle décrite par le roman à une cour de lycée d’aujourd’hui. L’idée, qui pourrait sembler théorique, s’incarne à merveille. D’abord par la vertu d’un décor, le lycée Molière du XVIe arrondissement parisien, tout en galeries ouvertes et balcons: un théâtre où chacun est à la fois en représentation et à l’affût du spectacle d’autrui. Ensuite par le nombre de « belles personnes » qui, en effet, s’y épient, s’y désirent et s’y empoignent. Pas si loin d’un Gus Van Sant (mais sans ses arrière-pensées funèbres), Christophe Honoré filme les lycéens comme des demi-dieux, avec une sorte de ravissement recueilli, élégiaque, communicatif. Uneautre passerelle évidente avec le texte de référence pourrait être la peur de perdre la face devant son groupe, si consubstantielle à l’adolescence, et décisive ici dans les rebondissements du récit.

CRITIQUE
Cette sortie en salles, après la diffusion télé (1), offre une nouvelle chance de découvrir l'un des meilleurs films de la rentrée. Christophe Honoré fait partie des rares cinéastesfrançais à ne pas se laisser ralentir par les questions de financement (son nouveau tournage a commencé) : il garde cet élan qui a déjà trouvé un premier accomplissement avec l'irrésistible mélo musical Les Chansons d'amour, objet d'élection de milliers de cinéphiles sentimentaux. Un an plus tard, et deux ans après Dans Paris, La Belle Personne est une gracieuse cousine de ces deux films-là, avec beaucoupde ressemblances (Louis Garrel en figure de proue, une chanson déchirante d'Alex Beaupain en mode Jacques Demy, Paris en capitale du spleen...), mais aussi des traits bien à elle : c'est l'adaptation d'un classique de la littérature (La Princesse de Clèves), illuminée par un visage neuf - celui de Léa Seydoux.
« Jamais cour n'a eu tant de belles personnes » : la phrase de Mme de La Fayette...
tracking img