Module 5

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LA PEUR ET LE SOIN EN PSYCHIATRIE 

COURTRAY Sophie 
Promotion 2001-2004 

IFSI CRF Valence CHV 
INTRODUCTION AUX SITUATIONS 

       
J'ai effectué mon premier stage de psychiatrie au début de ma deuxième année d'infirmière. Celui-ci s'est déroulé au sein d'une unité fermée pour patients psychotiques adultes. Bien que l'équipe ait ététrès accueillante à mon égard, je suis arrivée dans une période troublée par de gros problèmes administratifs. En effet, l'équipe a effectué cinquante entrées, sorties et mutations en quatre semaines. Mon encadrement s'en est donc ressenti, étant plus ou moins livrée à moi-même. De plus, j'étais handicapée par mon ignorance des pathologies psychotiques, n'ayant alors étudié que les névroses ainsique le début des psychoses infantiles. Malgré des demandes d'explications à l'équipe infirmière, je n'ai pu me faire une représentation globale de chaque pathologie puisque l'on me répondait seulement - qu'il s'agisse d'une schizophrénie, d'une psychose maniaco-dépressive ou d'une paranoïa - que le patient était en rupture avec la réalité. Ce manque a donc rendu difficile la mise en lien de mesdébuts de connaissances en matière de psychiatrie avec ma pratique. Par conséquent, j'ai eu du mal à comprendre la nature du soin infirmier ainsi que ses modalités de mise en place. On se rendra compte, à travers mes situations, que je me suis alors retrouvée en contradiction avec ma motivation d'avoir une attitude soignante, de rester soignante, en dépit des événements. C'est sur cesincompréhensions, sur ces manques de liens et sur cette difficulté à rester soignante que j'ai voulu travailler à travers ce mémoire. 

I        Questionnement de départ 
I.1        Situation n°1: M.A 
I.1.1        Description 

        M.A, 33ans, hospitalisé en HO (hospitalisation d'office),d'origine maghrébine est atteint de schizophrénie. Il est placé dans l'unité d'entrée fermée où j'effectue mon stage,avec cependant des permissions l'autorisant à se rendre en ville deux fois par semaine. L'équipe le connaît bien, en effet cela fait dix-huit ans qu'elle le suit par périodes. Les infirmiers m'ont prévenue qu'il fallait que je m'en méfie. Il a en général une attitude solitaire et impulsive. Par exemple, il m'est arrivé de le croiser lorsqu'il arpentait le couloir des chambres en marmonnant desmenaces du type: "le premier que je croise, je lui pète la gueule …". Ou encore, de le voir sortir violemment des toilettes en frappant la porte et en hurlant: "ça suffit maintenant!", peut-être sous l'emprise d'un délire? Je redoute donc ses mouvements violents, et son regard, que je trouve sombre et menaçant, m'impressionne beaucoup. 
        Un jour, alors que nous nous rendions en salle depause avec l'équipe, un patient a demandé une aide quelconque et les autres membres de l'équipe m'ont laissée seule. Je me trouvais debout, au fond de la salle, la porte ouverte. M.A entre, silencieux. Je ressens alors à nouveau ce sentiment de crainte à son égard. Partagée entre l'envie de lui demander de sortir et la crainte de générer un conflit à ce sujet, je le laisse entrer sans rien dire,pensant qu'il ressortira peut-être de lui-même. Je sais pourtant que les patients n'entrent jamais dans cette salle, sauf pour sortir dans le parc pendant que l'équipe est en pause et les y autorise. Il s'approche d'une commode près de la porte sur laquelle est posée une bouilloire. Il la prend dans ses mains, la secoue violemment en parlant de plus en plus fort, jusqu'à hurler ces paroles: "Toi j'vaist'casser la gueule à ta mère!!". Prenant cette menace pour moi et me sentant en danger, je porte aussitôt la main à mon bip, prête à appeler de l'aide. M.A se tourne alors vers moi, sourit et me dis calmement: "Non, je plaisante!". Encore sous le choc, je vois un autre patient que je redoute entrer à son tour. J'avance alors vers eux et leur demande de sortir, leur disant que ce lieu n'est...
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