Moliere

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  • Publié le : 30 novembre 2011
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1. Recherche

Au XVIIème siècle, se développe le mouvement classique, correspondant à la création d’un idéal, inspiré de l’art antique. A cet idéal, se développe alors l’image d’un idéal humain, dit «honnête homme », avant tout homme de cour, et partisan du prince plutôt que de l’Eglise, sans pour autant être considéré comme un courtisan. Il succède au modèle de l’humaniste, hommeinstruit, épris de gloire individuelle et de dépassement de soi-même. Il devait alors séduire les autres par son goût pour la mesure, conforme à la nature humaine et à l’idéal classique. Ainsi, selon le dictionnaire le Littré, « l’honnête homme est celui qui a toutes les qualités propres à se rendre agréable dans la société ».
Pour être considérer en tant que tel, un homme se devait donc deposséder de nombreuses qualités intellectuelles, -en étant apte à établir un jugement de qualité, tout en étant ouvert à la culture et en ayant un esprit savant, sans pour autant être pédant et vaniteux- ainsi que morales, avec une noblesse de sentiment et un caractère modeste, sage, modéré et raisonné. Il fréquentait les moralistes, ou entreprenait de lire leurs œuvres, afin d’éviter les travers deson temps. C’était un individu curieux, et qui savait, grâce à cela, développer un sens critique. L’honnête homme se devait également de disposer de qualités sociales, en choisissant avec soin ses amis et en possédant un goût pour la vie mondaine, ainsi qu’un sens des conventions sociales, des bonnes manières, de la courtoisie, de la galanterie, et de l’art de plaire en société.
Dans ledomaine politique, il était un individu mesuré, sachant choisir son opinion. Bien que n’étant pas révolutionnaire, il avait cependant une qualité de critique sociale, tout en étant reconnaissant au Roi d’assurer le maintien de l’ordre. Un honnête homme pensait que l’amélioration de la conscience de l’individu permettrait une amélioration de la société.
Enfin, sur le plan religieux, il acceptaitune foi traditionnelle, qu’il ne discutait pas et dont il faisait l’un de ses fondements sociaux.
Cet honnête homme du XVIIème siècle, élégant et équilibré, préfigurait alors l’esprit des Lumières du XVIIIème.
Quelques citations de l’époque : « L’honnêteté n’est rien de moins que la quintessence de toutes les vertus... peu s’en faut que nous ne comprenions sous ce mot les plus bellesqualités du cœur et de l’esprit ». Chevalier de Méré Conversations avec le maréchal de Clérambault Dictionnaire de l'Académie Française, première édition (1694)

2. Analyse de l’œuvre

Molière, Tartuffe ou l’Imposteur, 1669

I. Une œuvre censurée :

1) La critique du clergé, un discours révolutionnaire

a- Tartuffe, un faux dévot

Un dévot est un individuparticulièrement attaché aux principes religieux et manifestant un zèle prononcé dans leur pratique. Tartuffe, en effectuant de nombreuses prières quotidiennes et ne perdant aucune occasion pour donner des leçons de morale, avec un langage dévot, a ainsi l’apparence d’en être un. Cependant, il n’en est aucunement le cas puisqu’il n’hésite pas à se servir à outrance des principes religieux,comme prétexte pour parvenir à ses fins, matérielles, mais également amoureuses. Il peut donc être qualifié de faux dévot, comme le témoigne cette réplique de Dorine, à la scène 1 de l’Acte I :
« Et tous les mots qu’il dit sont pour lui des oracles (à Orgon)
Lui, (Tartuffe), qui connaît sa dupe et qui veut en jouir,
Par cent dehors fardés a l’art de l’éblouir ;
Soncagotisme en tire à toutes heures des sommes ».

b- Une critique virulente

Molière en décrivant la fausse dévotion de Tartuffe réalise une critique très violente de certains aspects et de certains membres du clergé de l’époque, notamment le parti des dévots. En effet, tout au long de la pièce, en proposant la description, à travers, notamment, les propos des divers membres de...
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