Mondialisation et crise

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Crise financière : comment en sortir durablement ?
samedi 4 octobre 2008
La crise que nous vivons — sans précédent depuis celle des années 30 — révèle la faillite d’un système économique et financier aux contrôles défaillants et à la finalité discutable. Pour éteindre durablement l’incendie et enfin remettre l’économie de marché au service de l’Homme, il faut agir sur ses causes. Il seraiten effet inutile et scandaleux de déverser des milliards d’aides publiques sur un système à bout de souffle pour lui permettre ensuite de recommencer les mêmes erreurs. C’est pourquoi, il faut à tous les niveaux (national, européen et mondial) à la fois moraliser, relancer et rééquilibrer notre économie.
Moraliser
Il n’y a pas de marché bénéfique sans confiance réelle. Le rôle de lapuissance publique est de la garantir par un ensemble de règles. La dérégulation de ces vingt dernières années a permis au système, avec la complaisance des gouvernants, d’enrichir démesurément quelques acteurs sur le dos de tous les autres. On ne peut pas simplement sauver le système, cela reviendrait un peu à remettre de l’essence dans une voiture sans freins.
Une nouvelle régulation des marchés doitêtre mise en œuvre au niveau européen et mondial :
Une coopération européenne est indispensable. Pour autant des mesures peuvent être prises au niveau national.
{draw:frame} le Parlement néerlandais a par exemple voté le 9 septembre une loi taxant fortement les excès de rémunération des dirigeants d’entreprises ou de fonds d’investissement ;
{draw:frame} ainsi en France il faut soumettreau droit commun les plus-values liées à l’exercice des stock-options comme des indemnités des départs, ce qui permettrait aussi de financer des dispositifs sociaux comme le RSA, sans ponctionner les classes moyennes ;
{draw:frame} de même, il faudrait, par voie législative, contraindre les banques à déclarer les « créances pourries » qu’elles détiennent. Toute tricherie aurait un caractère pénalet serait vérifiée par des commissaires aux comptes.
Relancer
La leçon keynésienne de la crise de 1929 aurait du nous apprendre qu’il faut éviter la contagion de la crise financière à l’économie réelle. Le paradoxe est de voir l’Europe incapable de relancer son économie alors qu’elle est réellement moins exposée que les Etats-Unis sur le plan bancaire. Là aussi une action coordonnéeeuropéenne ne doit pas interdire au gouvernement d’agir très vite au niveau national.
Au plan européen : le Conseil européen aurait déjà du être réuni pour mettre en œuvre un plan de relance économique. Aujourd’hui, le vrai danger est de voir les banques ne plus prêter aux particuliers et aux PME, au risque de les pousser à la faillite. Ce plan de relance devrait comporter plusieurs volets :{draw:frame} la suspension officielle du pacte de stabilité et l’incitation pour les pays excédentaires de la zone à accroître leur déficit ;
{draw:frame} un plan d’investissement massif de la Banque européenne d’investissement, notamment pour les infrastructures de transports permettant de lutter contre l’effet de serre ;
{draw:frame} la soumission de la Banque centrale européenne au pouvoir politiquepour l’obliger à baisser ses taux et permettre : aux taux courts de redevenir inférieurs aux taux longs ; l’application de montants compensatoires monétaires vis-à-vis de pays à monnaies sous-évaluées ; un euro bon marché grâce à une stratégie de change ;
{draw:frame} le retour de la préférence communautaire propice à l’émergence d’un nouveau modèle économique et social européen, favorable àune croissance juste, durable et équilibrée ;
{draw:frame} la création d’un Small Bussiness Act européen, réservant 25% des commandes publiques aux PME.
Au niveau national, le gouvernement doit aussi agir pour mettre fin à la contradiction entre le discours du Président et le projet de budget du gouvernement :
{draw:frame} pour éviter la propagation de la crise aux PME, la création d’un...
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