Mondialisation

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  • Publié le : 22 novembre 2011
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[Texte d’une conférence prononcée à Anvers]

QU’EST-CE QUE LA MONDIALISATION ? Alain de Benoist

Le terme de « globalisation » (ou « mondialisation ») s'est imposé depuis quelques années pour décrire un phénomène qui s'accomplit sous nos yeux : la déterritorialisation de la plupart des problématiques contemporaines et la tendance à l'unification de la Terre. Ce phénomène n'est pas une idée ouun simple projet, mais une réalité à laquelle concourent objectivement la plupart des tendances actuelles. L'ampleur du phénomène en laisse prévoir la durée. La globalisation, pour le dire autrement, constitue désormais le cadre de notre histoire présente. C'est pourquoi se déclarer « contre la globalisation » n'a aujourd'hui plus beaucoup de sens. On peut en revanche en élucider lasignification, et tenter d'agir sur ses formes et son contenu. Deux facteurs ont joué un rôle essentiel dans l'avènement de la globalisation. D'une part, l'essor de l'électronique et des technologies de la communication, qui a permis la mise en place de réseaux s'étendant sur toute la surface de la Terre. D'autre part, l'effondrement du système soviétique qui, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale,constituait une sorte de contrepoids à l'extension de la puissance américaine. Cela ne veut pas dire, bien entendu, qu'il faille regretter la disparition du communisme. En politique, il n'est pas rare qu'un mal puisse sortir d'un bien (ou le contraire). C'est ce que Max Weber appelait le paradoxe des conséquences. Avec la globalisation, la Terre ne s'unifie pas n'importe comment. Elle s'unifietendanciellement sous la forme d'un marché, c'est-à-dire sous l'unique horizon de la logique de la marchandise et de la recherche d’une hausse permanente des profits. Cet avènement d'un marché mondial s'accompagne d'une transformation des mentalités. L'intériorisation du modèle du marché consacre, dans les esprits comme dans les comportements, le primat des valeurs marchandes. La plupart des domainesqui, auparavant, échappaient encore dans une certaine mesure à la logique du capital (art, culture, sport, éducation, etc.), y sont aujourd'hui pleinement intégrés. Le modèle anthropologique désormais dominant est un modèle utilitariste : l'homme se définit comme un individu essentiellement soucieux de produire et (surtout) de

consommer, comme un agent économique censé rechercher en permanence àmaximiser son meilleur intérêt. On passe ainsi d'une société avec marché à une société de marché. Mais il va sans dire que le développement des échanges ne fait disparaître ni l'aliénation ni le préjudice : la seule demande qui peut être prise en compte par le marché est la demande solvable. Ce n'est donc pas la gauche « cosmopolite », mais la droite libérale qui a réalisé ou permis laglobalisation. Celle-ci correspond à la tendance séculaire du capitalisme : par définition, le marché n'a d'autres bornes que lui-même. Le constat selon lequel le capitalisme s'est avéré plus efficace que le communisme à réaliser l'« idéal internationaliste » n'est donc qu'apparemment paradoxal. Historiquement, le « cosmopolitisme » s’est surtout exprimé à gauche, mais aujourd’hui ce ne sont pas les partisde gauche, mais au contraire les partis de droite qui favorisent le plus activement la globalisation. Qui critique la globalisation sans rien dire de la Forme-Capital, ferait mieux de se taire. Quels sont les effets de la globalisation ? Le plus évident tient dans l'extension et la concrétisation de ce que j'appellerai l'idéologie du Même : homogénéisation planétaire, uniformisation descomportements, disparition des modes de vie différenciés, généralisation d'un modèle uniforme de « développement », etc. Cette homogénéisation, qui fait que d'un bout à l'autre de la Terre les hommes consomment de plus en plus les mêmes produits, regardent de plus en plus les mêmes spectacles, habitent de plus en plus des villes conçues selon le même modèle, etc., est appuyé par une propagande implicite...
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