Montaigne: 'du pédantisme' (dissertation)

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  • Publié le : 18 octobre 2009
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HISTOIRE LITTERAIRE L3 (TD MONTAIGNE)

« Je m'en vais écorniflant par-ci par-là, des livres, les sentences qui me plaisent, non pour les garder (car je n'ai point de gardoire), mais pour les transporter en cettui-ci ; où, à vrai dire, elles ne sont plus miennes, qu'en leur première place. »
Vous commenterez cet extrait des ‘Essais’ de Montaigne (I, ch.XXIV ‘Du pédantisme’)

Au Moyen-âgeles sociétés européennes étaient dirigées par les nobles et par la papauté. Ces sociétés étaient figées et les êtres humains avaient très peu de libertés. L’être humain n’était pas régi par son individualité mais par sa position sociale à l´intérieur de la pyramide féodale.
La chute de Constantinople et l’arrivée des savants grecs en fuite devant les turcs, marquent le point de départ d´unegrande aventure humaine : la redécouverte de l’Antiquité à la Renaissance. La Renaissance est un terme général qui étymologiquement met le doigt sur une deuxième naissance d´idées qui nous sont transmises des auteurs grecs et latins.
L’humanisme est un courant idéologique et éthique qui domina la Renaissance française et qui chercha à revaloriser la liberté et la responsabilité de l’être humain entant qu’individu. Cette pensée proclame sa foi dans les capacités intellectuelles de l’homme à développer ses connaissances. Au XVI siècle, nous trouvons parmi les humanistes les plus connus de la littérature française Pierre de Ronsard (1524-1585), François Rabelais (1494-1553), Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592).
Les Essais de Montaigne (dont la première édition date de 1580) regroupent troislivres dans lesquels l’auteur manifeste son opinion sur divers sujets comme l’amour et l’amitié, la vieillesse et la mort, la douleur et la maladie, le colonialisme et la guerre, la recherche de la vérité et le refus du mensonge, le voyage et l’éducation. L’examen des différents constituants de la société et de la nature humaine, son jugement et son implication personnelle à propos de ces diversproblèmes, amène logiquement Montaigne à réfléchir sur sa propre nature. Ainsi il déclare : « je suis moi-même la matière de mon livre… » (Essais I, Avis au lecteur). La volonté de Montaigne est de cerner la nature humaine dans son intégralité. L’absence d’artifices implique qu’il se présente aux lecteurs tant avec ses qualités, qu‘avec ses défauts. Dans Des menteurs (chapitre IX, livre I)Montaigne reconnaît un ‚défaut naturel‘: son absence de mémoire. Or il s’ensuit de démontrer l’amplification de l’importance de cette faculté à son époque. Selon lui la mémoire n’aide guère l’individu dans sa construction des savoirs ; « Savoir par cœur n’est pas savoir ; c’est tenir ce qu’on a donné engarde à sa mémoire. ».

C´est l’éducation qui sera au centre du chapitre XXVI du premier livre, danslequel Montaigne s´attaque à la notion de pédantisme. Il y écrit :
« Je m'en vais écorniflant par-ci par-là, des livres, les sentences qui me plaisent, non pour les garder (car je n'ai point de gardoire), mais pour les transporter en cettui-ci ; où, à vrai dire, elles ne sont plus miennes, qu'en leur première place. »
De cette citation, se dégage le système d’apprentissage de Montaigne : laméthode « Je m’en vais écorniflant par-ci par-là, des livres »; la matière « les sentences qui me plaisent »; ainsi que le but (« les transporter en cettui-ci »). Montaigne y expose à la fois sa façon d’avancer et sa critique de beaucoup de ses prédécesseurs (et d´auteurs contemporains) pour qui construction des savoirs et mémorisation étaient synonymes. Montaigne ne renie pas pour autant lesAutorités, c'est-à-dire les livres de l’Antiquité et de la Bible. Il avoue ‘écornifler’, donc grappiller les sentences, les citations les plus importantes des Anciens. Nous y trouvons une connotation négative : Le verbe ‘écornifler’ signifie ‘dérober’ où ‘acquérir par la ruse’. Il s’en justifie en ajoutant qu´il ne reprend que les sentences, les jugements, les pensées, les maximes qui lui plaisent, qui...