Montaigne, essais "que l'intention juge nos actions"

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  • Publié le : 22 mars 2011
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Chapitre VII. Que l'intention juge nos actions. (Texte de khôlle).

Le XVI ème siècle est le siècle du renouveau, de la Renaissance. Le monde sort de l'obscurantisme du Moyen-Age pour se lancer dans la lumière et le mouvement, grâce par exemple à la redécouverte de l'Antiquité et de son savoir. Les intellectuels de cette époque mettent en place une notion très importante et chère àMontaigne, celle du « moi ». En effet, comme le monde est mouvant et illusoire, les hommes se concentrent sur le « soi »pour le découvrir. C'est dans ce courant de pensée que s'inscrivent Les Essais de Montaigne. Publiés pour la première fois en 1580, cette œuvre est un ensemble de courts textes sur différentes réflexions au sujet de la vie, de la mort, des hommes, de son époque, dans laquelle il cherched'abord à se trouver lui-même, à donner une image de lui-même tout en apportant à ses lecteurs matière à réfléchir sur eux-mêmes et sur le monde.

Nous nous proposons de montrer dans une explication linéaire en quoi Montaigne, dans cet essai argumentatif sur les intentions face à la mort, grâce à une progression en alternance argument/exemple, donne une leçon de vie et une piste deréflexion sur la vie à ces lecteurs?

Montaigne commence par un postulat de départ « La mort, dict-on, nous acquitte de toutes nos obligations ». Il l'attribue au sens commun et en fait une généralité par le « dict-on » et par le présent de vérité générale. Par le « nous » qui englobe aussi tous les hommes, il en fait une sorte de maxime. Il part donc d'une idée générale, que tous connaissent, dontbien entendu le lecteur : la mort nous libère de nos obligations. A noter que le mot « toutes » donne alors à la mort son caractère total, elle est comme une fin et plus rien ne rattache les morts à la vie. Pourtant, il va contrer cette idée par un exemple long à partir d'un roi d'Angleterre, Henri VII. La phrase suivante est la mise en place de cet exemple. Montaigne se détache du « nous » par uneimplication personnelle « J'en sçay ». Il s'implique d'autant plus par le verbe savoir et par l'utilisation de passé composé qui marque alors une forme de proximité et une forme de vérité de l'exemple puisque l'auteur l'atteste, il connaît l'histoire.
Toute la première phrase de l'exemple est la mise en place de la situation initiale. La présentation des personnages importants etl'utilisation du plus que parfait de « s'en étoit fuy » par exemple, avec son sens de passé dans le passé, soulignent bien cette mise en place. Montaigne insiste bien ici aussi sur les titres et les noms des personnages. Ainsi les lecteurs reconnaîtrons plus facilement les exemples, et peut-être qu'ainsi il veut prouver que mêmes les dictons peuvent être crus et réalisés par les plus grands, avec lesuperlatif « le confronter plus honorablement ». Mais le « toutefois » ainsi que la ponctuation, les deux points, marquent une rupture. Comme si Montaigne s'était trop éloigné de son sujet, il revient sur le thème de la mort « venant à mourir », son idée principale. Le texte revient au passé simple, le temps de la narration passée mais plus proche que le plus que parfait. L'auteur amène ainsi peu à peuson lecteur là où il le désire, à la fin de son exemple et de son argumentation. Et le Roi est l'exemple type du postulat de départ de l'essai. Ce dernier rompt son serment, mais ne le fait qu'une fois mort « soudain après qu'il seroit mort ». Cela est marqué par l'utilisation du futur ainsi que par le complément circonstanciel de temps « après que » ; comme si la mort retirait sa promesse. Et enfinapparaît la troisième partie de l'exemple dans deuxième phrase annoncée par « Dernièrement ». Par le « nous » de « le Duc d'Albe nous fit voir à Bruxelles », par le nom du duc et celui de la ville, Montaigne présente alors la dernière partie de l'exemple comme étant une simple anecdote. De plus cela rend son exemple plus véridique puisqu'il y était. Il nous donne par ailleurs son jugement sur...
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