Montaigne et son rapport aux anciens

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  • Publié le : 15 avril 2011
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Lorsqu’on lit les Essais, on se retrouve face à un texte qui ne cesse de faire des références aux auteurs de l’antiquité. Il est donc aisé de comprendre que ces anciens auteurs ont une grande importance pour Montaigne. Dans ce passage tiré du chapitre XXVI, Montaigne nous parle de son rapport aux Anciens et de la relations qu’il a établie avec leurs textes. Ces grands auteurs du passé luipermettent d’avancer dans son travail d‘écriture et de réflexion. Il n’est donc pas surprenant de constater que Montaigne éprouve un profond respect à leur égard, mais toutefois, il cherche a prendre ses distance avec eux, afin d’affirmer son individualité.

Les Anciens tiennent une place importante, dans l’écriture de Montaigne, car ils lui permettent de progresser. « [Il] n’[a] dressé commerce avecaucun livre solide, sinon Plutarche et Sénèque » ( l. 1-2). Montaigne entretient une relation avec ces livres. Ces livres sont plus que de simples livres, ils sont nommés « Plutarche et Sénèque » par Montaigne. C’est avec les auteurs des livres eux-mêmes que ce dernier dialogue. En eux, « [Montaigne] puisse comme les Danaïdes, remplissant et versant sans cesse » (l. 2-3 ). Dans ces deux auteurs,il trouve une source infinie d’idées et de réflexions, mais Montaigne « parl[e] indifféremment de tout ce qui se présente à [sa] fantaisie » ( l. 18-19). L’imagination de Montaigne est le point de départ de toutes ses réflexions. A ses yeux aucun sujet traité n’a plus de valeur qu’un autre, d’ailleurs Montaigne ne choisit même pas ses sujets, ce sont eux « qui se présent[ent] » à lui. Ensuite, illes traite « n’y employant que ses propres et naturels moyens » ( l. 20 ). Il n’utilise que les capacités que la nature lui a fournit, pour réfléchir et parler de son sujet, quel qu’il soit. Il n’utilise aucun artifice, ni aucune réflexion qui ne lui appartient pas, pour exposer son propos. «  Quand [il] [est] allé le plus avant qu’[il] p[eut], […] [il] voit encore du pays au-delà : mais d’une vuetrouble, et en nuage, qu’[il] ne p[eut] démêler » ( l. 15-18 ). Montaigne utilise la métaphore du voyage pour décrire les difficultés qu’il rencontre. Il est arrivé au bout de ses capacités, mais voit qu’il y a encore à explorer. Il ne sait pas comment continuer ce voyage intellectuel. Les thèmes, que Montaigne aborde, ont déjà étaient abordés et « il [lui] advient, comme il fait souvent, derencontrer de fortune dans les bons auteurs ces mêmes lieux » ( l. 21-22 ). Ce n’est qu’après avoir livré ses propres réflexions, que Montaigne s’aperçoit qu’un Ancien s’étaient déjà penché sur le même sujet que lui. Ses illustres prédécesseurs ont déjà écrit sur ces « lieux ». Montaigne continue de filer la métaphore du voyage. Les Anciens lui servent de guide . La lecture des textes anciens, permetà Montaigne de voir deux choses. La première est que « [ses] opinions ont cet honneur de rencontrer souvent aux leurs » ( l. 28-29 ) et la seconde sont « les défauts que [la] comparaison [avec son texte] [lui] y a découvert » ( l. 34-35 ). Montaigne se sert des textes des anciens pour évaluer ses propres textes. Comme dans toute bonne évaluation, il en tire du positif et du négatif. Il voit que sapensée est bonne, mais qu’elle peut encore progresser pour atteindre le niveau de celle de ces modèles. Les auteurs antiques, par l’intermédiaire de leurs textes, sont les professeurs de Montaigne, qui est donc leur étudiant. Ils lui montre les points forts et les points faibles de son travail.

Il y a, chez Montaigne, beaucoup de respect pour les auteurs anciens, mais on sent surtout en luil’envie de se distinguer de ces derniers et d’affirmer sa propre personne. Montaigne « [se] reconnaî[t] au prix de ses gens-là » ( l. 25 ). Il se voit dans les Anciens. Il a une ressemblance, partage certains traits avec eux, mais il « [a] cela, que chacun n’a pas, de connaître l’extrême différence d’entre eux et [lui] » ( l. 30-31 ). Il voit qui il est, voit sa propre identité, en se comparant...
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