Montesquieu les lettres persannes

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  • Publié le : 12 juin 2011
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MONTESQUIEU, LES LETTRES PERSANES
LETTRE XXIV

(Introduction)

Montesquieu (1689-1755) est un magistrat et écrivain français des lumières, moraliste, penseur politique et auteur de nombreux ouvrages associant histoire et philosophie politique parmi lesquels « De l’esprit des lois ». Il a voyagé en Europe et en Angleterre où il a observé la monarchie constitutionnelle et parlementaire qui aremplacé la monarchie autocratique présente en France (Louis XIV). Il prône ce qu’on appellera « le principe de séparation des pouvoirs ».
« Les lettres persanes » a été écrit en 1721 et publié à Amsterdam anonymement. Il s’agit d’un roman épistolaire (« ce que je te dis ») où le locuteur s’adresse directement à son interlocuteur. La présentation est similaire à celle d’une lettre cardestination, date, expéditeur et lieu sont indiqués comme pour une correspondance. Il s’agit d’une lettre fictive car les dates qui figurent à la fin du récit de Rica ne sont pas les mêmes que celles dans le paratexte, puisqu’il s’agit d’un double système d’énonciation. Le narrateur est donc étranger, il dénote un point de vue extérieur (« ces » sujets, « leur » en parlant du peuple français).

Les deuxpersonnages sont persans : Uzbek et Rica, qui ont quitté leur pays pour Paris et y découvrent les parisiens, leurs opinions politiques et religieuses, d’où un sentiment d’étonnement éprouvé durant ces huit années dans la capitale où ils écrivent à Abben. C’est une manière indirecte d’un point de vue extérieur et d’un regard étranger de critiquer la société française qu’utilise Montesquieu, visantLouis XIV, la régence, le pouvoir royal et celui du pape, jugés excessifs.
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Nous analyserons d’abord la dénonciation du pouvoir royal abusif, puis la critique du pape et de la religion catholique et enfin la référence à l’orient.

(Premier paragraphe : dénonciation du pouvoir royal abusif)

Dans la lettre XXIV des « Lettres Persanes », Montesquieu critique l’absolutisme et la capacité depersuasion du Roi de France sur ses sujets car il en abuse en les manipulant. (« Il exerce son emprise sur l’esprit même de ses sujets », « il les fait penser comme il veut », « il n’a qu’à les persuader », « …leur mettre dans la tête », « il va même jusqu’à leur faire croire qu’il les guérit de tous sortes de maux en les touchant », allusion au sacre et au droit divin). L’emploi de l’expressionfamilère « il n’a qu’à » souligne le fait que l’autorité est celle d’un ursupateur. Il fait référence au « système de Law » qui a édité des assignats (papier monnaie) pour remplacer les pièces d’or. Il critique également sa capacité à attribuer des titres d’honneur ou des charges permettant d’acheter un titre de noblesse pour flatter l’orgueil de ses sujets, (« la vanité de ses sujets », « titresd’honneur à vendre », « prodige de l’orgueil humain ») mais aussi pour récupérer de l’argent. Enfin, il critique la soumission du roi au pape et son goût pour la guerre (« on lui a vu entreprendre et soutenir », « s’il a une guerre »). Les sujets sont crédules vis-à-vis de leur souverain, ils sont soumis (« ils le croient », « ils en sont aussitôt convaincus »). Montesquieu démontre que l’orgueilhumain ainsi que la naïveté des sujets permet le financement des guerres.
Le roi avait le pouvoir le dévaluer la monnaie, ce dont il se servait dans le but d’asservir ses ambitions de guerre. Il est comparé à un magicien ou un guérisseur, contrôlant les pensées et les esprits d’autrui.
La comparaison avec le roi d’Espagne accentue la puissance du roi de France Louis XIV (on sait qu’il s’agit de cedernier, mort en 1715 car la lettre en question a été écrite en 1712 comme l’atteste les dates à la fin de la lettre), tirée de la vanité de ses sujets, qui est comparée à une mine (métaphore), inépuisable (ironie). D’après Montesquieu, cette vanité est la principale source de richesse du royaume de France.
Le pouvoir du roi étonne les persans (« ce roi est un grand magicien », « prodige »,...
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