Moral et religion

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  • Publié le : 1 janvier 2011
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Morale religieuse

Religion et morale ont toujours été présentées de manière tellement indissociable qu'il est fréquent, même chez les grands auteurs (Voltaire, Dostoïevski…) de penser que la morale ne peut exister sans religion.
Il faut reconnaître que les religions, en particulier celles des Ecritures Saintes (judaïsme, christianisme, islam) ont proposé - il serait plus exact de direimposé - une morale prête à l'emploi, selon laquelle, pour chaque homme, tout acte de la vie, et même toute pensée, est censé s'inscrire dans le grand livre des débits et des crédits sur lequel Dieu se basera pour un éventuel salut post mortem.

Les religions ayant réussi à faire croire que la morale leur appartenait, vivre en incroyant est souvent perçu comme un critère d'immoralité. Cette idéereçue perd sa raison d'être si l'on prend un peu de recul et si l'on examine ce qu'est réellement la morale religieuse.

Dieu joue en quelque sorte le rôle du père qui fixe les règles et qui punit. Le croyant est traité comme un enfant, pas encore doué de raison, à qui l'on "fait la morale". Pour l'inciter à la respecter, les religions actionnent à la fois la carotte (paradis, éternité) et le bâton(purgatoire, flammes éternelles, enfer…). Le clergé joue le rôle de l'entremetteur. Si le poids du péché est trop dur, une confession, quelques prières et l'absolution permettent au croyant de dormir la conscience tranquille (et éventuellement recommencer le lendemain). Il fut un temps où l'on pouvait même acheter des indulgences.
Ce n'est pas le royaume de Dieu, mais celui de l'hypocrisie :"faire le bien dans le l'espoir de…", "ne pas faire le mal pour éviter…".
C'est une morale intangible, inadaptée, en décalage ou en contradiction avec les situations du monde d'aujourd'hui. Mais surtout, c'est une morale qui considère la vie sur Terre comme secondaire et qui prône le renoncement afin de mériter un hypothétique salut divin accessible après la mort, dans un autre monde.

Moralesans religion

L'athée, quant à lui, se passe de cette autorité supérieure pour choisir ses propres règles de vie. Il doit donc faire preuve de plus de maturité que les croyants qui s'en remettent en permanence aux Ecritures ou aux discours d'imams, du pape, de rabbins, du dalaï-lama, de prédicateurs, de gourous en tous genres...
L'athée est responsable du choix de l'éthique qui le guide et deses actes. Sa morale n'est pas une contrainte qu'on lui impose, mais l'objectif librement accepté qu'il se fixe. Il ne peut se retrancher derrière un quelconque "Livre Sacré", ni subir la pression sociale des médias et du conformisme. Devant des sollicitations contradictoires de la société, ainsi que des groupes et sous-groupes, souvent antagonistes, qui la composent, l'athée doit déterminer sapropre réponse à la question "Que dois-je faire?".
Il ne peut aller se confesser, ni demander pardon. Il doit vivre avec ses fautes, avec sa conscience, avec le sentiment de culpabilité, avec le remord. Dans ses choix, il n'a qu'une seule certitude, c'est qu'il peut se tromper. Dans ses actes, il sait que le pardon ne viendra pas de Dieu.

L'homme et la société

L'homme est un être doué d'uneconscience, d'une pensée, d'une existence ("Je pense donc je suis"). Mais il est avant tout un animal social, grégaire, de plus en plus spécialisé, qui n'est rien sans la société ou le groupe auquel il appartient. L'humanité ne peut se concevoir comme une juxtaposition d'individus; elle ne peut s'appréhender sans la société en tant qu'entité, pour ne pas dire en tant qu'«être», avec sacomplexité, ses sous-ensembles (nations, communautés, groupes, familles) et l'infinité de relations qui existent entre individus, entre individus et ses sous-ensembles, et entre ses sous-ensembles eux-mêmes.

L'homme est en permanence confronté à cette dualité. Qu'il le veuille ou non, il est à la fois individu (moi, l'unique "Je") et membre d'une société, d'une communauté qui existait avant lui, qui...
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