Morale et politique

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  • Publié le : 4 novembre 2009
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MORALE ET POLITIQUE

Les problématiques tournent autour de cette interrogation: Comment concevoir les rapports de la morale et de la politique :
Pourquoi a-t-on tendance à confondre les ordres?
En quoi consiste leur hétérogénéité?
Comment concevoir leur articulation?

I.LA CONFUSION DE LA MORALE ET DE LA POLITIQUE

Réflexion morale: a pour objet le bien, aussi bien ce qui rend un hommebon que ce qui rend la cité bonne. Voilà pourquoi on les confond (PLATON ET ARISTOTE). Les Anciens ne distinguent pas morale et politique. La République de PLATON est aussi bien un traité de morale que de politique. La cité est conçue par analogie avec l'âme. Elles sont toutes les deux tripartites, et la justice qu'il s'agisse de la vertu morale ou de la vertu sociale consiste dans le bon ordreentre les trois parties. Celui qui est en droit de gouverner pour PLATON est donc le sage, celui qui a l'intelligence du juste en lui et hors lui (figure du philosophe roi). Pour PLATON, il y a donc une science du bien, bien moral et bien public qui se nomme philosophie. Au contraire d'ARISTOTE, PLATON condamne la démocratie au profit d'une royauté d'essence morale. Car pour ARISTOTE, la dialectiquen'est pas science. Là où il y a débat, il n'y a pas science, aussi à défaut science du bien public, la multitude est meilleure juge qu'une élite, les lumières limitées de chacun se corrigeant les unes les autres et donnant dans l'ensemble un meilleur résultat.

II.HETEROGENEITE DE LA MORALE ET DE LA POLITIQUE

C'est une confusion lourde de conséquences. Pour la morale, qu'elle condamne à laterreur si celle ci souhaite incarner la pureté dans l'ordre factuel et historique de la politique, pour la politique qu'elle condamne à l'impuissance car on ne peut pas réussir en politique si l'on honore scrupuleusement les exigences morales.
Morale et politique se distinguent :
Du point de vue du but : L'un se soucie de la vertu de la personne, l'autre du bien public. L'une met en jeu uneliberté dans son rapport à elle même, l'autre cherche à concilier des libertés dans leurs relations extérieures sous des lois communes. L'une prend donc en charge le salut de l'âme, l'autre le destin d'une collectivité. La morale correspond à une exigence intérieure, la politique à une nécessité de la vie sociale. On peut être moralement bon, dans une cité politiquement malade, et une cité peutavoir une vertu politique sans que ses membres aient individuellement une grande vertu morale.
ARISOTE : Il est possible d'être un bon citoyen dans posséder la vertu qui nous rend homme de bien.
Du point de vue des moyens: la morale est affaire d'intériorité. On est moral par la qualité de son vouloir (référence à l'analyse kantienne de la bonne volonté et la distinction entre moralité et légalité).La pureté de la volonté fait la moralité de l'acte (distinction de WEBER entre l'éthique de la conviction et de la responsabilité). L'action politique se déploie dans l'extériorité et elle est moins jugée sur les intentions qu'elle proclame que sur les résultats qu'elle obtient. Cette observation conduit MACHIAVEL à affirmer que la politique est un ordre des réalités humaines absolumentirréductible à tout autre. Elle est une lutte agonique pour la prise et la conservation du pouvoir, obéissant à une logique quasi autonome. Il s'agit de vaincre et ici la fin justifie les moyens. Il montre que la conquête et l'exercice du pouvoir sont l'enjeu de luttes féroces dans lesquelles m'homme politique ne doit pas trop s'encombrer de scrupules moraux car c'est là le moyen le plus sûr d'échouer. Ilest important de paraître vertueux car sur la scène sociale l'apparence est reine, ce qui conduit le peuple à ne considérer que la réussite. Les hommes ne sont pas des êtres de raison mais de passions. Le peuple est travaillé par ce qu'il appelle des humeurs. Si l'homme était raisonnable, il serait possible de ne gouverner que par la loi, mais l'homme étant déraisonnable, le politique ne peut...
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